Merzak Allouache

Un cinéaste-témoin de l'Algérie contemporaine

Le Courrier

(Le Courrier, 6 juin 1997)

Entretien avec Merzak Allouache

 

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Né en 1944, Merzak Allouache, formé à l'Institut national du cinéma d'Alger puis à l'IDHEC (Paris), s'est fait remarquer dès son premier film Omar Gatlato (1976), tranche de vie de quelques jeunes dans un quartier populaire d'Alger. Par son ton nouveau, un humour raffiné, l'usage alerte du dialecte algérien, le réalisateur dresse le portrait d'un machiste, archétype du jeune méditerranéen, qui n'arrive pas à instaurer une relation normale avec la femme. L'accueil du public algérien au film est chaleureux, à la mesure de l'emploi par le réalisateur d'une forme narrative faite de connivence. En contre-jour, c'est la société réelle, en proie à l'ennui et à l'aliénation, qui est de la sorte interpellée par la voix off du héros. Suivront deux autres films, Les Aventures d'un héros (1977), L'homme qui regardait les fenêtres (1982), puis le cinéaste séjourne en France où il réalise son quatrième long métrage, Un amour à Paris (1983). En 1988, Merzak Allouache retrouve l'Algérie passablement secouée par les émeutes d'octobre qui mettent à bas le masque du parti unique. Merzak Allouache réalise, à titre personnel, des films documentaires pour rendre compte de la nouvelle situation induite depuis le soulèvement de la jeunesse algérienne. Il sillonne le pays, recueillant des témoignages sur la torture, des interviews de militants politiques, dévoilant les revendications féminines "plurielles et contradictoires". Deux films documentaires témoignent de ce travail de fond sur la société civile, L'Algérie en démocratie et Femmes en mouvement. En 1993, Merzak Allouache amorce un retour à la "fiction" avec Bab El-Oued City, film tourné en Algérie en pleine crise politique et monté en France.

Le dernier film du réalisateur algérien, Salut cousin, présenté au dernier festival de Cannes sort cet automne (1996). L'histoire met en scène deux cousins maghrébins à Paris l'espace de quelques jours. Un jeune algérien venu en France pour faire du trabendo (petit commerce de "contrebande") afin de ramener au pays une valise pleine de marchandises, a un problème d'adresse. Il doit alors séjourner une semaine chez un cousin qui est un "beur", immigré de la seconde génération. Le film décrit les rapports entre ces deux jeunes - d'univers culturels proches mais parfois en décalage - et les aventures qu'ils vont vivre ensemble à Paris.

R. B.

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© @rchipress 1998


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