Quelle démocratie dans le monde arabo-musulman?

par Réda Benkirane

La démocratisation dans le monde arabe : alternance pour quelle alternative ? sous la direction de Rahim Kherad et Dominique Maillard Desgrées du Loû, éditions Les points sur les i, 2015paru dans La démocratisation dans le monde arabe : alternance pour quelle alternative ? sous la direction de Rahim Kherad et Dominique Maillard Desgrées du Loû, Paris, Editions Les points sur les i, 2015.
 

De ses origines athéniennes jusqu’à nos jours, la notion de démocratie a traversé les âges et les cultures et nous savons que depuis ses débuts, cette idée d’une souveraineté du peuple persiste à cheminer le long de l’histoire de l’humanité. Mais son mode de fonctionnement dans la Cité et dans l’Etat a toujours fait problème, notamment pour tous ceux que la démocratie a longtemps exclu : les métèques, les esclaves, les femmes, les pauvres. Aujourd’hui, la démocratie, dans ses aspects les plus pratiques et les plus opératifs, est pervertie par des déterminismes d’économie marchande et par une culture de la domination. Ainsi même dans les pays socialement les plus avancés du Nord, les démocraties dites libérales connaissent une crise majeure, avec une désaffection constante de la participation populaire aux scrutins électoraux et des résultats qui mettent en avant des populismes du repli sur soi et du rejet de l’autre. Mais la démocratie – et c’est bien là sa portée heuristique et son actualité – se cherche et se réinvente sous nos yeux. L’élection au suffrage universel n’est plus la panacée, de nouvelles formes de combat et de mobilisation sont en train de voir le jour. Ainsi dans des dictatures et des régimes autoritaires, c’est la peur qui a été vaincue et cela va, à n’en pas douter, libérer une énergie psychique créatrice. Mais pareillement dans les démocraties libérales, le plus grand nombre n’en peut plus d’être soumis à la tyrannie des marchés financiers et des banques, au traitement grégaire d’un bétail cognitif dont les médias de masse conditionnent le « temps de cerveau disponible », tandis que la crise a entrainé des dizaines de millions de chômeurs. Depuis le déclenchement de ce que l’on a appelé le « printemps arabe » (nous utiliserons cette expression par souci de commodité), on a pu observer un peu partout dans le monde que la démocratie se réinvente aujourd’hui par des multitudes qui pour des raisons congruentes et diverses ne veulent plus être des masses moutonnières. L’Emeute est un phénomène de meutes qui ne s’accommode plus des conduites de troupeaux et de leurs croyances. Du printemps arabe au printemps érable, en passant par le mouvement des Indignés ou celui de Occupy Wall Street, les jeunesses éclairées du monde manifestent pour l’avènement démocratique d’autres formes de gestion économique, politique et sociale.

Aussi pour traiter de la question « quelle démocratie pour le monde arabo-musulman? » encore faut-il également traiter de la question « quelle démocratie opérative sur le plan local et global pour des sociétés sophistiquées, complexifiées, pour le monde multipolaire du 21e siècle ? ». Nous sommes en présence d’un différentiel double entre la reterritorialisation des formes de la démocratie et les transformations sociales propres au monde arabo-musulman. Il est difficile de traiter du premier différentiel sans aborder le second.

La grande leçon démocratique de ces révolutions sociales qui ont vu le jour dans le monde arabe est qu’elles ont révélé un niveau d’éveil et de conscience de sociétés que l’on a largement sous-estimé dans les sphères académiques, politiques et médiatiques. Le printemps arabe est d’abord et surtout une révolution mentale : quelque chose comme un déplacement de plaques tectoniques s’est opéré au sein de la psyché collective. Un socle que l’on croyait inébranlable s’est soudainement fracturé. Le verrou de la peur a sauté. Nous affirmons pour notre part que le printemps arabe marque l’événement le plus important de l’histoire sociale de l’islam (très précisément depuis la fin de sa phase prophétique). La libération sociale et politique en cours tourne enfin la page coloniale, ce qui devait survenir au moment des indépendances politiques, et qui a été détourné un demi-siècle durant est finalement en train d’advenir. Ce qui se joue, c’est une nouvelle phase historique qui va déterminer l’évolution des prochaines décennies.

Trois despotes, en Tunisie, Égypte et Lybie, sont tombés en quelques mois de l’année 2011, un quatrième, yéménite, a été violemment dirigé vers la sortie. La Syrie est en proie à une guerre qui a provoqué en deux ans la mort de plusieurs dizaines de milliers de civils. Même en Égypte et en Tunisie, les nouvelles équipes dirigeantes, à dominante islamiste, sont confrontées à l’esprit de la révolution, à la fronde contestatrice d’une population qui ne veut d’aucun retour en arrière possible. Les analyses pleuvent pour tenter d’expliquer tout ce qui survient, mais nous sommes comme pris de court, toujours en décalage face à la vitesse et à la densité d’un réel subversif qui fomente, percole et se répand comme un défi à l’interprétation et à la signification. « Entre l’ordre et le désordre règne un moment délicieux » disait Paul Valéry. Entre le rêve et la révolution, c’est toute la puissance de la réalité qui révèle la rencontre du virtuel avec l’actuel. Si le printemps arabe est survenu comme une soudaine transition de phase entre le règne ancien et celui qui est porteur d’avenir, son métabolisme social et politique n’est pas la production d’une génération spontanée de jeunes, de digital natives « facebookés », «tweeteurs», spectateurs d’Aljazeera et autres journalistes citoyens. En effet, des décennies de combat pour les droits de l’homme et de la femme, la liberté d’expression et la lutte contre la corruption ont fait que les sociétés civiles sont devenues mures pour un soulèvement généralisé. Face à ces révolutions jaïllissantes, il n’y pas de place au pessimisme ou à l’optimisme, car ce qui advient possibilise des alternatives. Car c’est cela la nouveauté : le fait que l’avenir n’est plus hypothéqué par la captation et la patrimonialisation de l’État au profit d’un clan dirigeant ; le fait que plusieurs scénarios d’évolution sont désormais envisageables pour la transformation de l’État et de la Constitution au service du plus grand nombre, pour le renforcement de ses droits mais aussi de ses devoirs. Encore une fois ces possibilités demanderont du temps pour se déployer et aboutir en réalités opératives.

Bien entendu, dans les court et moyen termes, toutes sortes de régressions, de violence, de conflits armés entacheront l’embellie sociétale mondialisée du printemps arabe, freineront son universalité, sembleront contrarier les promesses de libération sociale et politique. Mais ces régressions transitoires sont, somme toute, prévisibles ; il s’agit de les anticiper pour mieux les assumer en tant que passages obligés et déterminants de l’émancipation révélée par les révolutions arabes. Certains observateurs, se disant spécialistes confirmés de géopolitique ou d’islamologie, considèrent ces régressions comme des points de bifurcation du printemps arabe, comme s’ils voyaient à travers certains épisodes des révolutions sociales des cheminements durables, en marche arrière vers une loi de conservation légitimée par le Coran et la voie religieuse des aïeuls (Salafiya). Nous divergeons de ces analyses sans hauteur ni profondeur, car, pour nous, ce sont les horizons des peuples concernés qui se dégagent, même si, à court terme, le conservatisme social semble l’emporter par des partis islamistes, mieux organisés, mieux mobilisés et probablement aussi mieux financés, mieux médiatisés grâce au concours de pétromonarchies qui usent de toute leur influence diplomatique et idéologique. Les chancelleries occidentales, quant à elles, au-delà des déclarations de principe en faveur de la liberté et du pluralisme, se soucient moins de l’esprit démocratique (si l’on considère le soutien dont ont bénéficié et bénéficient encore bon nombre d’autocrates des républiques et monarchies arabes) que de la non remise en cause de consensus autour d’enjeux économiques primordiaux. Ainsi il est vital pour les grandes puissances occidentales de maintenir au prix le plus bas la fourniture et l’acheminement des énergies fossiles. Ces chancelleries, empêtrées dans leurs propres crises financières, économiques, sociales et politiques, ne sont plus tant opposées à ce que des partis d’inspiration religieuse accèdent au pouvoir en Afrique du nord et au Moyen-Orient tant que ceux-ci resteront orientés vers le libéralisme économique, et qu’ils ne remettent pas en cause la main invisible et la théologie du marché.

Petite parenthèse sur la dimension économique de la démocratisation : tant que les pays du monde arabe (dé)penseront l’économie de rente au lieu de la (re)penser en culture de la production, du travail et de l’innovation, il n’y aura aucune objection des grandes puissances à l’accès au pouvoir par le suffrage électoral des héritiers des Frères musulmans. Mais une démocratisation véritable à longue échéance entraînera inéluctablement la volonté des citoyens de non seulement percevoir les dividendes de l’économie des hydrocarbures du Maghreb et du Machreq – dividendes détournés et spoliés durant un demi-siècle – mais que les prix du pétrole et du gaz soient revus à leurs niveaux réels. Tout processus démocratique véritable impliquera à terme que les prix des énergies fossiles soient corrélés au pic énergétique mondial (c’est-à-dire qu’ils soient en fait quadruplés ou quintuplés). Il n’est pas du tout acquis que l’Europe et les États-Unis soient prêts à endosser et donc accepter les conséquences d’une telle éventualité issue de la pleine souveraineté des peuples. Sur ce point central – car les ressources énergétiques sont l’or et le sang de l’économie mondiale – il n’est pas possible d’évoquer la démocratisation à l’échelle du monde arabe sans la relier à la démocratisation des débats et des prises de décision à l’échelle globale, sachant que pèsent sur le local comme le global un certain nombre de contraintes psychologiques mais aussi géophysiques telles que le capitalisme financier et cognitif, la crise économique, le chômage des jeunes, l’empreinte écologique, le dérèglement climatique, l’urgente nécessité d’élaborer une alternative au mode de vie consumériste.

Si le plus symbolique a été accompli par la jeunesse éclairée du printemps arabe – la sortie du tyran –, le plus dur reste à accomplir – changer de système, construire l’État de droit – et c’est un processus d’effectuation des révolutions sociales qui se déploie dans le temps long. Aussi les effets-retours de l’extrémisme religieux, du conservatisme social, de l’autoritarisme sont peut-être l’occasion de voir se préciser les expressions des mouvements d’émancipation en termes d’organisation, de pensée politique, de formulation de projet de société articulant les relations sécularisées entre État et Religion. Mais pour le moment, ce n’est pas tant ce qu’expriment encore les jeunes révoltés : ils affirment ce qu’ils ne veulent plus. C’est le primat du « non », du rejet et de la contestation qui pour le moment semble être la chose qui importe. Il faut ici rappeler combien le printemps arabe exprime un mouvement de contestation en même temps que d’ouverture qu’irriguent toutes les composantes de la société. Ces explosions populaires sont remarquables par la manière dont elles fédèrent les différences, le désespoir mais aussi l’espoir autour d’un même constat d’échec des régimes politiques postcoloniaux. Ces explosions court-circuitent les habituelles luttes de partis : pas d’idéologie, de leader charismatique dans les nouvelles formes de lutte démocratique.

Quelle démocratie pour le monde arabo-musulman ? Ses formes diffèreront d’une société à une autre selon des histoires propres, des rythmes d’évolution qui prennent en compte les revenus nationaux, la croissance économique, le niveau d’urbanisation, le taux d’alphabétisation, les indicateurs démographiques tels que taux de fécondité et recul de l’âge au mariage. Mais fondamentalement, ce qui se joue est une redéfinition du rapport au pouvoir et au savoir qui n’est plus l’objet d’une transcendantalisation de ce que j’appellerais « l’esprit tribal » et de son mode « génétique » ou « spermatique » de perpétuation. Ainsi la filiation dynastique « du père de » au « fils de » va être probablement déracinée ou, à tout le moins, désincarnée des pouvoirs exécutif et législatif. La « transmission » du savoir ne va plus aller du « maître de » au « disciple de »… Aujourd’hui, un pouvoir héréditaire, surtout quand il se légitime au nom d’un droit divin, ne peut être qu’autoritaire et il correspond à un certain type de savoir.

L’arborescence hiérarchique de l’ancien et immémorial mode de rapport au savoir et au pouvoir voulait exprimer de la transcendance, c’est-à-dire qu’elle donnait l’illusion d’une transcendance. Cette illusion d’un « vertical sacré » dans la chose politique a été mise en avant dès la mort du Prophète qui n’a pu camoufler le meurtre politique de trois des quatre premiers califes dit « bien-guidés » et l’établissement de la dynastie califale des Omeyades consacrée par un coup de force. C’est que le modèle califal, donc étymologiquement modèle de substitution à Dieu sur terre, a été pris à la lettre dans une instrumentalisation de la légitimation religieuse du pouvoir politique. Nous avons d’immenses intelligences philosophiques et mystiques telles qu’Ibn ‘Arabi qui réprouvent toute révolte contre le Calife fut-il despote, cruel, injuste du moment qu’il maintient la prière collective du vendredi. Avec les révolutions sociales, ce modèle-là de rapport au dirigeant est définitivement enterré.

Avec les nouvelles formes de révolutions sociales en cours, nous sommes en train de nous diriger vers des modes plus horizontaux de rapport au pouvoir et au savoir, plus réticulaires, plus rhizomatiques (dans le sens deleuzien du terme) qui traduisent moins la permanence de l’être que la puissance d’agir et la puissance du devenir. Cette démocratisation en cours aura pourtant – c’est là notre prédiction propre – un socle de sécularisation de plus en plus élargi. La relation entre pouvoir et religion va être redéfinie selon la trajectoire historique propre à l’histoire de l’islam, où l’autorité religieuse est inféodée au pouvoir politique (à l’exception de la tradition chiite) comme source de légitimation. C’est cela qui va être revu complètement : la distinction entre l’Etat et la Religion. Il vaut la peine de noter que la mouvance dite de l’islam politique ou islamisme est en première ligne de cette sécularisation. Il est probable qu’émergera à moyen terme une forme de « démocratie musulmane », inspirée du modèle turc de l’AKP, un peu comparable aux mouvements politiques de démocratie chrétienne ayant régné en Europe et façonné sa social-démocratie.

Quelle démocratie pour le monde arabo-musulman ? Remarquons que l’aspect rhizomatique des nouvelles relations au pouvoir et au savoir n’est aucunement en contradiction avec le plan doctrinal islamique. Rappelons – car on a tendance à l’oublier, avec la prédominance des Émirs, Sultans, Cheiks et Imams – que le dogme islamique n’admet ni royauté de droit divin, ni clergé et que le Prophète était un orphelin qui, s’il fut marié à de nombreuses femmes, n’a enfanté aucun fils qui lui ait survécu, et qu’il n’a donc pas créé de dynastie en son nom. A sa mort, il n’a laissé aucun testament politique sur la conduite de la première communauté musulmane, laissant le choix aux croyants eux-mêmes de choisir parmi eux leur dirigeant. Dans le cadre bédouin et tribal de l’époque, la figure sociale du Prophète était révolutionnaire et complètement en-dehors des normes et valeurs qui prévalaient. La communauté fondée par le Prophète s’éloigne de « l’esprit tribal » quand elle ne connaît pas de « père de » ni de « fils de ». Les musulmans n’ont pas de père ni de fils, mais une seule mère (Oum), la communauté des croyants (la Oumma) qui n’admet en son sein que des frères et des sœurs. Si les hommes et les femmes en islam sont frère et sœurs, le modèle horizontal de rapport au pouvoir et au savoir ne pose aucun problème de compatibilité théologico-politique avec le rapport de fraternité que les hommes et les femmes se doivent d’entretenir entre eux. En revanche, une relecture critique de l’histoire sociale et politique de l’islam aurait beaucoup à dire sur l’émergence de la figure califale, figure monarchique, seigneuriale et dynastique que rien ne légitime dans l’esprit et dans la lettre du texte coranique…

Depuis 30 ans, triomphe un islam profane, fait de bric et de broc, mais aussi de clinquant ostentatoire, diffusé grâce à la richesse des sous-sols et aussi par la portée des ondes satellitaires. C’est plus la mystique du marché que la rationalité de l’État qui s’est imposée. Il serait possible de recourir à la grille de lecture de Max Weber, car il en est des sectes islamiques comme il en fut des sectes protestantes. Notre crainte personnelle viendrait moins de l’islam politique, qui est une forme endogène et paradoxale de la sécularisation en cours, que du salafisme et du wahabisme, qui sont l’expression d’un intégrisme et d’un radicalisme non pas politique mais religieux. Leur orientation inquisitoriale et matérialiste contribue à une désacralisation dont on peut trouver les stigmates par exemple dans la transformation architecturale des lieux saints de l’islam en temples marchands et consuméristes sur le modèle de l’urbanisme factice de Las Vegas. Dubaï, plus que la Mecque ou Médine, est le nouveau paradis infernal de certains existentialistes musulmans…

Pour en revenir aux révolutions arabes porteuses d’avenir, elles nous projettent bien en avant, et ce serait une fatale erreur que de croire qu’elles seraient « islamistes », « libérales » ou d’une autre couleur idéologique. Elles propulsent les individus et les sociétés dans une configuration sociétale nouvelle, de grande modernité en ce qu’elles rassemblent toutes sortes de classes sociales, d’origines culturelles, religieuses diverses, qu’elles s’affranchissent de la différenciation entre hommes et femmes. Il nous faut être à la hauteur, car ce nouveau cadre sociopolitique est au-delà de l’islamisme, du libéralisme, et de tout autre « isme » forcément réducteur. Ceci veut dire que des individus de différentes sensibilités politiques, religieuses, idéologiques prennent part à ces révolutions sociales, mais il faut toujours garder présent à l’esprit que la force de ces mouvements est le fait qu’ils embrassent le plus grand nombre pour transcender ces différences. Ce serait une grave erreur qui nous ramènerait 20 ans en arrière, que des victoires électorales en Tunisie, en Égypte ou ailleurs dans le monde arabe signifient quelque chose sur le plan théologico-politique. Les nouveaux élus sont attendus sur la construction d’un espace démocratique, l’éducation et la formation, la gestion de la chose publique, la lutte contre l’injustice sociale, le développement économique, la gestion des ressources nationales, etc.

La question de la démocratie dans le monde arabo-musulman ne va donc point déterminer une finalité théologique, mais préciser une sécularisation possible, pleinement assumée et qui se doit d’être pensée. Si la religion a un rôle structurant dans les sociétés contemporaines, la question de l’Etat et du fonctionnement démocratique est l’occasion de revoir de manière critique tout ce qui s’est légitimé – mais aussi tout ce qui a été commis – au nom de la religion. Nous ne ferons pas l’économie d’une pensée critique et reconstructrice, d’une pensée éclairée et créative sur les relations à venir entre l’État et la Religion.

Réda Benkirane

 

Extrait de La démocratisation dans le monde arabe : alternance pour quelle alternative ? sous la direction de Rahim Kherad et Dominique Maillard Desgrées du Loû, Paris, Editions Les points sur les i, 2015.

 

 

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