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Juste pour voir ! Petit voyage dans les mondes "virtuels" Par Patrick Mendelsohn
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Juste pour voir !
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L'arbre est virtuellement présent dans la graine" Le virtuel (du latin virtualis "vertu" qui
dérive de virtus, "force", "puissance") désigne une chose ou
une réalité qui n'est qu'en puissance, qui est potentiellement porteuse de sa
réalisation ("l'arbre est virtuellement présent dans la graine"). Une chose
virtuelle n'existe pas en tant que fait actuel, mais en tant qu'essence. La conception
courante du virtuel est très proche significativement du possible, de l'imaginaire, voire
de l'irréel et de l'illusion. Pour un psychologue, le virtuel n'est pas tant une
projection ou un prolongement de la réalité, mais plutôt une de ses représentations.
Selon le philosophe Pierre Lévy, "est virtuelle une
entité "déterritorialisée", capable d'engendrer plusieurs manifestations
concrètes en différents moments et lieux déterminés, sans être pour autant elle-même
attachée à un endroit ou à un temps particuliers". Virtuel et virtuel: ne pas confondre! Le développement du cyberespace a engendré deux formes de virtuel. La
plus connue est la réalité virtuelle qui cherche essentiellement à mimer le
réalisme visuel de la communication; elle a été développée surtout pour les jeux (la
simulation de vol aéronautique par exemple) puisqu'il s'agit d'immerger l'explorateur
dans un paysage qui lui donne l'illusion visuelle de la réalité. L'autre forme de
virtuel est le monde virtuel qui, lui, mime le réalisme social de la
communication. Le monde virtuel permet à une communauté d'interagir et de manipuler des
objets, mais sans réalisme visuel. Tout se fait par écrit. Un jour, la puissance des
ordinateurs permettra de fusionner la réalité virtuelle et le monde virtuel. Tu réponds quand tu peux! Le monde virtuel développé par les chercheurs du TECFA (Technologies de Formation et Apprentissage) de
l'Université de Genève est essentiellement destiné à la recherche et à
l'enseignement. Le professeur Mendelsohn dirige notamment des classes virtuelles qui
conduisent à un diplôme post-grade (DES) en Sciences et Technologies de l'Apprentissage
et de la Formation. Le monde virtuel permet une communication synchrone ralentie: alors
que le téléphone interrompt nos activités, les participants à un monde virtuel peuvent
interagir quand ils en ont le temps. L'enseignant peut ainsi mener plusieurs tâches en
parallèle: animer par exemple sa classe virtuelle tout en supervisant les travaux de ses
étudiants.
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© Le Temps stratégique, No 82, Genève, juillet-août 1998. le.temps@edipresse.ch |
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© @rchipress 1998
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