ADDENDA
A propos des systèmes
reconfigurables
Les circuits FPGA (Field Programmable Gate Arrays ou "réseaux logiques
programmables") sont constitués d'un réseau de cellules logiques identiques,
placées dans une infrastructure de lignes d'interconnexion. L'utilisateur peut programmer
la fonction de chaque cellule, ainsi que les interconnexions entre les cellules et avec
les entrées/sorties du circuit. L'avantage des FPGA est de pouvoir être configuré sur
place, sans envoi du circuit chez le fabricant, ce qui permet de les utiliser quelques
minutes après leur conceptions. Les FPGA les plus récents sont configurables en une
milliseconde. Dans un futur très proche, ce temps passera certainement à quelques
microsecondes.
"Pour reconnaître ton visage"
Actuellement, les FPGA sont utilisés pour contrôler des disques durs
mais une des applications importantes des circuits FPGA est la reconnaissance de formes (pattern
matching): écriture manuscrite, identification de visages, reconnaissance de cibles,
etc. A partir d'un échantillonnage préalable de milliers d'images, les réseaux logiques
traitent l'image à reconnaître en comptant combien de ses pixels correspondent aux
pixels des images échantillonnées. A partir d'un seuil prédéfini, les réseaux
logiques programmables déclarent la reconnaissance établie.
Le RENCO (REconfigurable Network COmputer), élaboré au Laboratoire de
systèmes logiques de l'EPFL, est un ordinateur reconfigurable basé sur l'architecture
des ordinateurs de réseau (network computers). Les ordinateurs de réseaux ne
disposent pas de ressources de stockage (disques durs) propres, mais vont chercher les
programmes dont ils ont besoin sur le réseau une solution qui permet des économies sur
le prix de la machine et sur ses coûts de maintenance.
"Pour reconnaître ta voix"
Le RENCO propose des caractéristiques supplémentaires par rapport aux
autres ordinateurs de réseau: il permet le chargement par le réseau non seulement d'un
programme, mais aussi de l'architecture matérielle qui pourra utiliser ce programme de
façon optimale. Plusieurs applications sont en test sur RENCO, notamment celles liées
aux réseaux de neurones artificiels (réseaux de processeurs qui imitent le réseau de
neurones biologique et qui sont utilisés dans les domaines de la robotique, de la
reconnaissance de la voix, des diagnostiques médicaux, etc.)
Biowatch
la montre qui se répare toute seule
[photo BioWatch]
[légende]
Le projet Embryonique (pour embryologie électronique) est un exemple de système basé
sur trois caractéristiques fondamentales du développement embryonnaire des organismes
vivants: l'organisation multicellulaire, la différenciation cellulaire et la division
cellulaire. Le but ultime de ce projet est la conception de circuits intégrés très
complexes, doués de capacités d'autoréparation (cicatrisation) et d'autoréplication.
La montre bio-inspirée BioWatch est une représentation d'un tel système embryonique.
Cet organisme artificiel nécessite au minimum quatre cellules pour compter les heures
(deux cellules à l'extrême gauche) et les minutes (deux cellules à la droite des
précédentes). La photo montre un "organisme" à huit cellules, formant un
système reconfigurable dynamiquement. Les quatre cellules restantes (à l'extrême
droite) peuvent être utilisées pour obtenir une copie de la montre originale
(autoréplication) ou pour servir de "pièces de rechange" destinées à
l'éventuelle réparation de la montre originale.
Firefly
la machine qui évolue comme les singes de Darwin
[photo Firefly]
[légende]
Le prototype "Firefly" (la luciole) est une machine informatique évolutive.
Cette machine est constituée d'une longue file de 56 "organismes" extrêmement
simples, concrétisés chacun par une diode lumineuse pouvant être allumée ou éteinte.
Comme dans l'exemple des essaims de lucioles, les organismes commencent à scintiller de
façon tout à fait aléatoire puis, grâce à un processus d'évolution darwinien
embarqué dans la machine, ils se synchronisent progressivement pour vibrer enfin à
l'unisson.
Sources: Laboratoire des systèmes logiques, EPFL & "Configurable
Computing" par John Villasenor and William H. Mangione-Smith. In: "Scientific American", New York , juin 1997.
