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La longue, l'inépuisable durée des civilisations Par Fernand Braudel
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La longue,
ADDENDA Pour une histoire
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ADDENDA Ibn Khaldoun, précurseur médiéval de l'histoire des civilisations
"Vérifier les faits investiguer les causes" Dans la Muqadimma, introduction en trois volumes de son Kitab al-'Ibar (Histoire des Arabes, des Persans et des Berbères), Ibn Khaldoun écrit: "J'ai suivi un plan original pour écrire l'Histoire et choisi une voie qui surprendra le lecteur, une marche et un système tout à fait à moi (...) en traitant de ce qui est relatif aux civilisations et à l'établissement des villes". Il est conscient que sa démarche novatrice qui rompt avec l'interprétation religieuse de l'histoire: "Les discours dans lesquels nous allons traiter de cette matière formeront une science nouvelle (...) C'est une science sui generis car elle a d'abord un objet spécial: la civilisation et la société humaine, puis elle traite de plusieurs questions qui servent à expliquer successivement les faits qui se rattachent à l'essence même de la société. Tel est le caractère de toutes les sciences, tant celles qui s'appuient sur l'autorité que celles qui sont fondées sur la raison." Tout au long de son oeuvre, il souligne la discipline à laquelle doivent s'astreindre ceux qui exercent le métier d'historien: l'examen et la vérification des faits, l'investigation attentive des causes qui les ont produits, la connaissance profonde de la manière dont les événements se sont passés et dont ils ont pris naissance." "Les empires durent environ 120 ans" Ibn Khaldoun n'a le loisir d'étudier que le monde arabo-musulman
(l'Andalousie, le Maghreb, le Machreq). C'est donc dans ce cadre limité qu'il élabore sa
théorie cyclique des civilisations rurales ou bédouines ('umran badawi) et
urbaines ('umran hadari). Pour lui, les civilisations sont portées par des tribus
qui fondent dynasties et empires." Les empires ainsi que les hommes ont leur vie
propre (...) Ils grandissent, ils arrivent à l'âge de maturité, puis ils commencent à
décliner (...) En général, la durée de vie [des empires] (...) ne dépasse pas trois
générations (120 ans environ)."
ARTICLE ADDENDA © Le Temps stratégique, No 82, Genève, juillet-août 1998. le.temps@edipresse.ch |
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© @rchipress 1998
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