La longue, l'inépuisable durée des civilisations

Par Fernand Braudel

Le Temps stratégique

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La longue,
l'inépuisable
durée des
civilisations

 

ADDENDA

Ibn Khaldoun,
précurseur médiéval
de l'histoire des
civilisations

De quelques noms cités

Pour une histoire
des civilisations

 

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Sur Braudel


"Son premier mérite, c'est qu'il a vraiment compris qu'au vingtième siècle, il fallait faire une histoire au-delà de l'hexagone, au-delà des problèmes français, qu'il fallait absolument percevoir les problèmes européens et, pour reprendre une expression qui n'existait pas encore quand il a écrit La Méditerranée, les problèmes du tiers monde, et même avoir une vision planétaire.

Sa vision mondiale de l'Histoire

Je crois que son grand mérite a été de comprendre qu'il y avait une évolution irrépressible, que personne ne pouvait contenir, pour sortir de cette espèce d'européo-centrisme qui avait fonctionné à plein au XIXe siècle et à l'époque coloniale, et encore pendant la première moitié du XXe siècle, et qu'il fallait désormais avoir vraiment une vision mondiale de l'histoire.

Son histoire à plusieurs temps

Son second mérite (...) a été de mettre en relation les événements historiques et les événements à plus longue durée, disons les événements anthropologiques, et ainsi de concevoir qu'il y a plusieurs temps dans l'histoire. Il y a un temps court, celui des événements; cela ne correspond d'ailleurs pas du tout à sa pensée de dire qu'il a rejeté l'événement, mais il a toujours considéré qu'il fallait être capable d'aller plus loin que les événements, de comprendre ce qui les provoquait, même quand il s'agissait d'événements aussi dramatiques que la Révolution française par exemple. Et puis il y a ce qu'il a appelé la longue durée et cela a été une idée très importante (...)

Sa mise en scène du social

D'une façon plus générale, il a introduit non seulement l'histoire sociale mais le rôle des sociétés dans l'histoire économique. On avait tendance à compartimenter les choses, avec, disons, une histoire des événements, des gouvernements et des chancelleries; une histoire plus sociale et une histoire économique, celle-ci tendant à être en quelque sorte autonome par rapport aux autres, même si on essayait d'en tirer des enseignements pour les deux autres. Je crois que Braudel a beaucoup veillé à introduire les changements sociaux, les modifications des sociétés, dans l'histoire économique."

Pierre Daix, in: "Regards", Paris, No 7, novembre 1995, à propos du livre qu'il venait d'écrire: Braudel (Paris, Flammarion, 1995).

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La longue, l'inépuisable durée des civilisations

ADDENDA

Ibn Khaldoun, précurseur médiéval de l'histoire des
civilisations

De quelques noms cités

Pour une histoire des civilisations

 

© Le Temps stratégique, No 82, Genève, juillet-août 1998. le.temps@edipresse.ch

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© @rchipress 1998

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