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A Tchernobyl,
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Tchernobyl, 26 avril 1986, 01
h 23...
Rappel des faits
Le 26 avril 1986, à 01h 23, une explosion détruisit
le réacteur no 4 de la centrale électronucléaire
de Tchernobyl, soulevant presque verticalement la dalle supérieure
du réacteur, qui pèse 2000 tonnes. Tous les tubes
de force contenant les grappes de combustible furent rompus,
une partie du coeur du réacteur fut projetée autour
de l'installation et sur les bâtiments voisins. Les rejets,
entretenus par la combustion du graphite, durèrent 10
jours, jusqu'au comblement du "trou" du réacteur
par des matériaux (sable, bore, plomb) largués
par des hélicoptères. Plus de 1,8 milliard de becquerels
de produits de fission furent propagés par le vent qui
soufflait du sud au nord. Le panache radioactif toucha sévèrement
le nord de l'Ukraine, le sud de la Biélorussie et de la
Russie.
Un "sarcophage" pourri
Dans la semaine qui suivit l'accident, 135 000 personnes furent
évacuées. Dans les premiers mois suivant l'accident,
les interventions consistèrent essentiellement à
regrouper dans le réacteur et autour de lui les débris
radioactifs les plus importants. Ce combustible fut alors confiné
dans un "sarcophage" de béton et d'acier de
50 mètres de haut, achevé en novembre 1986. En
1991, le réacteur no 2 fut arrêté à
la suite d'un incendie. Les réacteurs 1 et 3 n'ont jamais
cessé de fonctionner.
Le "sarcophage" construit à la hâte dans
des conditions extrêmement difficiles, présente
de nombreux défauts: le toit fait de tôles n'est
pas étanche et repose, par l'intermédiaire d'une
longue poutre métallique, sur des appuis appartenant au
bâtiment d'origine, qui ne sont pas stables. Le mur séparant
le sarcophage du bâtiment intermédiaire qui le relie
à l'unité 3 toujours en fonction est également
instable, comme le sont d'autres éléments de la
structure interne du bâtiment.
Un magma radioactif "irrigué"
Le combustible resté dans le réacteur pendant l'explosion
a coulé dans le fond du bâtiment sous forme de lave,
et se transforme actuellement en poudre. Par les fuites du toit
et la condensation, des milliers de mètres cubes d'eau
traversent le magma radioactif. Il n'est pas certain que la dalle
inférieure en béton du réacteur soit étanche.
La nappe phréatique se situe à un mètre
en dessous de cette dalle.
Les experts estiment que 5% seulement des éléments
radioactifs présents dans le coeur du réacteur au
moment de l'explosion ont été projetés au
loin. Il est très difficile d'estimer la quantité
de combustible qui est resté dans le coeur, et, selon les
mesures, les écarts sont considérables. Les valeurs
probables sont comprises entre 120 et 140 tonnes sur les 190
tonnes d'origine. Les 50 tonnes manquantes furent projetées
autour de la centrale et une grande partie fut enfouie au bulldozer
autour du "sarcophage" et dans les 800 fosses de stockage.
La grande quantité d'eau qui fut déversée
sur le réacteur après l'accident a été
pompée et déversée dans le bassin artificiel
utilisé pour le refroidissement des réacteurs de
Tchernobyl. La radioactivité s'est concentrée dans
les sédiments au fond du bassin et s'écoule au
rythme de plusieurs centimètres par an vers la rivière.
La centrale est morte, vive la centrale!
Le 27 mai 1995, un consortium international mené
par la multinationale helvético-suédoise ABB, avec
Kawasaki (Japon), CMS (États-Unis), Shanska (Suède), Mannesbaum
Anlagenbau (Allemagne) et Danish Power (Danemark), a signé
avec le gouvernement ukrainien a signé un accord pour
le remplacement de la centrale nucléaire de Tchernobyl
par une centrale au gaz dans un délai de trois ans. Plusieurs
compagnies ukrainiennes participeront également au consortium
. Cette reconversion, rapide et peu coûteuse, devrait fournir
du travail à 6000 personnes en Ukraine.
ABB n'est pas novice en la matière, puisqu'elle a déjà
reconverti deux centrales nucléaires en centrales à
énergie fossile, à Midland Power Plant et Zimmer
Power Plant, aux États-Unis, en réutilisant autant que
possible l'équipement des centrales nucléaires
pour l'exploitation de la nouvelle centrale. ABB est déjà
installée en Russie et dans la CEI, où elle possède
60 usines employant environ 20'000 personnes.
Sources: Tchernobyl 9 ans après, par l'Institut
français de sûreté et de protection nucléaire.
Paris, 1995, et ABB.

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© Le Temps stratégique,
No 66, Genève, octobre 1995. le.temps@edipresse.ch
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