Andrew Lippman
est, à Boston, directeur associé du Media Lab du
M.I.T. (Massachusetts Institute of Technology), dont il a été
l'un des fondateurs. Étudiant, puis professeur au M.I.T.,
il a été membre du conseil d'administration de
plusieurs jeunes entreprises, mais aussi d'IBM. Il est, aujourd'hui,
l'un des conseillers scientifiques du programme de la Corporation
for National Research Initiative, qui vise à développer
des infrastructures planétaires de la communication.

Savez-vous combien de bits
numériques l'on trouve dans une fleur? Ou dans un film?
Ou dans 50 francs suisses? Non? Hé! bien, vous le saurez
bientôt, parce que la révolution électronique
qui, pour l'heure, ne fascine guère que les mordus, est
à deux doigts de faire irruption dans votre salon. Elle
est déjà dans les magasins de fleurs, les banques,
les écoles et les usines. L'industrie des ordinateurs
prépare cette invasion depuis vingt-cinq ans. Plusieurs
fois déjà elle a essayé de la lancer, mais
à chaque coup les innovations qu'elle proposait au public
donnaient à ce dernier le sentiment désagréable
du déjà vu.
Cette fois-ci, cependant, devrait être la bonne. Si vous
ne me croyez pas, jetez un oeil, ce soir, dans la chambre de
votre collégien de fils. Non, non, vous ne le trouverez
pas en train de se droguer ou de s'avachir devant la télé.
En fait, vous ne le trouverez pas du tout. Car il sera loin,
dans le cyberespace, dans l'éther,
sur Internet, en train d'explorer des univers d'information lointains,
de gambader dans des communautés planétaires partageant
les mêmes passions que lui, ou alors de simuler un trou
noir gravitationnel à l'intérieur de son univers
numérique personnel. Ce que vous verrez là n'est
cependant que la pointe de l'iceberg. Attendez deux ou trois
ans, et vous verrez le reste!
Le développement fulgurant d'Internet, cette toile d'araignée
dont les fils relient aujourd'hui 40 millions d'ordinateurs dispersés
à travers le monde, est l'élément de cette
révolution qui a le plus attiré l'attention au
cours des derniers mois. Internet, qui a été imaginé
il y a vingt-cinq ans par le département américain
de la Défense, fait aujourd'hui descendre les bibliothèques
et les supermarchés de toute la planète dans votre
salon. Cela est particulièrement vrai depuis que le fameux
WWW (World Wide Web, ou Toile d'Araignée Planétaire,
dont je reparlerai plus loin), a rendu la navigation cyberspatiale
accessible, voire aisée, aux utilisateurs de petits ordinateurs
personnels.
Internet induit une démocratisation des médias
telle que l'on n'en a plus connue depuis les débuts de
la Révolution industrielle. Il y a 200 ans, l'invention
des presses rotatives à vapeur a permis à n'importe
quel homme d'affaires de publier de l'information, activité
jusque là réservée à une petite élite
centralisée. Les journaux se sont multipliés dès
lors et l'industrie du livre a vu le jour, mais en raison du
coût des machines et de la fabrication, les médias
sont restés concentrés dans un petit nombre d'entreprises
relativement importantes. Mais cette mécanique et ces
coûts sont en train de se dissoudre, si bien qu'aujourd'hui
les moyens de production et de distribution de l'information
se répandent dans la population de manière incontrôlable
et universelle.
Ironiquement, c'est en essayant de contrôler le développement
des nouveaux médias que les gouvernements ont, sans le
vouloir bien sûr, déclenché cette révolution.
Ils proposèrent en effet, au début des années
1990, de créer une Infrastructure Internationale de l'Information
(les "autoroutes de l'information") afin de permettre
aux hommes d'affaires, aux chercheurs et aux étudiants
d'échanger des données électroniques grâce
à un standard unique, homogène et efficace. Il
n'y avait que des gouvernements pour pouvoir s'exciter sur une
idée plus rasoir que la première théorie
venue sur l'immortalité des boutons de guêtre! Mais
ces "autoroutes" ennuyeuses à mourir deviennent
malgré tout excitantes lorsque, tout à coup, elles
débouchent dans votre salon. Les gouvernements avaient
oublié un détail, en effet: chaque fois que l'on
construit des structures pour les affaires "sérieuses",
le commun des mortels, lui, se les approprie pour s'amuser!
Comment les choses se sont-elles passées?
Il faut voir que les "autoroutes de l'information"
sont construites sur trois piliers. Et que chacun de ces piliers,
en construction depuis des années, est important en soi.
Premier pilier: la télévision. La télévision
est en train d'être réinventée et n'aura
bientôt plus rien à avoir avec ce qu'elle était
à l'origine. Elle est en effet en train de devenir numérique, ce qui va changer
de manière massive la manière dont on crée
les programmes de télévision, dont on les diffuse,
dont on les regarde et dont on paie pour y avoir accès.
A plus long terme, la révolution numérique changera
aussi la nature des programmes de télévision et
la nature des chaînes qui les diffusent.
Ici, la technologie est secondaire. Ce qu'il faut voir, c'est
que l'on trouve des téléviseurs partout, dans chaque
pays du monde, et dans chaque foyer moyen de chaque pays du monde.
La nuit est percée de leur scintillement bleuté
jusque sur les rives des affluents de l'Amazone. Le poste de
télévision est partout un bien familial précieux:
la famille chinoise moyenne en a un; la famille américaine
typique en a deux, avant même d'avoir le téléphone.
Lorsque la télévision est réinventée,
chacun est concerné.
Il faut savoir que l'affichage d'une image de télévision
requiert une quantité énorme de bits (unités
élémentaires d'information, 0 et 1 des systèmes
informatiques). Considérez en effet ceci: une conversation
téléphonique numérique requiert environ
64'000 bits par seconde, soit un million de bits environ par
appel. Il faut 8 millions de bits pour transmettre le contenu
d'un grand journal quotidien. Dix fois cette quantité,
si vous voulez pouvoir coller dans votre album une photo d'excellente
qualité. Pourtant, si vous additionnez tous les bits évoqués
dans ce paragraphe, vous aurez à peine de quoi transmettre
de 2.5 à 8 secondes de télévision!
Pour dire les choses autrement: si vous parliez sans arrêt
durant la moitié du temps où vous êtes éveillé,
en une année vous produiriez 84 milliards de bytes (1
byte égale 8 bits), un peu moins qu'il n'en faut pour
transmettre une journée de programmes d'une seule chaîne.
Si donc nous voulons que nos autoroutes de l'information transportent
aussi des images télévisées, il faudra qu'elles
soient vraiment larges, du genre huit pistes, goudronnées
au piccolo, assez solides pour supporter des norias de camions,
assez vastes pour permettre à chacun de partir en vacances
en même temps.
La télévision était l'un des ultimes bastions
du signal analogique dans un univers
désormais numérique. Ce bastion est en train de
tomber.
Le texte, lui, était numérisé depuis belle
lurette. Il y a dix ans que le "Wall Street Journal"
est transmis électroniquement à ses imprimeries
situées aux quatre coins du globe; vingt ans que les journaux
et les livres sont produits par ordinateur; longtemps enfin que
chacun de nous traite des piles de texte sur son ordinateur personnel
sans plus en éprouver le moindre étonnement. Le
son aussi est numérisé. Les photographies sont
numérisées.
Ce qui veut dire que le jour où la télévision
sera numérisée, toutes les données que nous
utilisons dans notre "vie communicante" quotidienne
pourront voyager le long des mêmes câbles ou sur
les mêmes ondes hertziennes, être traitées
par les mêmes appareils, stockées sur les mêmes
disques compacts, sur les mêmes bandes magnétiques,
dans les mêmes machines. Lorsque les gens parlent de multimédia,
c'est de cela qu'ils parlent.
Le chamboulement est en cours. Aux États-Unis, un système
de diffusion par satellite déverse d'ores et déjà
980 millions de bits par seconde sur chaque antenne parabolique
du pays (l'équivalent, chaque seconde, du contenu de 125
grands journaux). Personne ne peut se débarrasser de ces
bits, ils pleuvent sur les gens jour et nuit, que cela leur plaise
ou non. Les réseaux câblés et téléphoniques
déjà prévus tripleront ce déluge.
A quoi il faudra ajouter un milliard de bits par seconde le jour
où la télévision sera numérique.
Pour faire bon poids, comptez encore les bits stockés
sur vos disques compacts, et vous obtiendrez un véritable
blizzard de données, capable de transporter plus de 1000
programmes de télévision, bien plus que ne pourraient
transporter aujourd'hui tous les câbles transatlantiques
en existence.
Il est certes tout à fait improbable que cette capacité
faramineuse soit utilisée uniquement pour la télévision.
Personne n'a envie de capter 1000 programmes; la plupart d'entre
nous sommes satisfaits d'en avoir un ou deux. C'est pourquoi,
plutôt qu'une suite de programmes complets, la télévision
sera demain une ressource générale, à disposition
de quiconque voudra l'utiliser.
Deuxième pilier technologique des "autoroutes de
l'information": les ordinateurs personnels.
Il y a quarante ans, certains pensaient qu'un jour il suffirait
de trois ou quatre gros ordinateurs pour faire marcher un pays
entier. Les faits ont ridiculisé cette prédiction,
puisqu'aujourd'hui les ordinateurs personnels sont des produits
de grande consommation. En 1994, Intel a vendu plus de 40 millions
de ces machines, chacune d'entre elle plus puissante que les
ordinateurs imaginés par nos visionnaires il y a quarante
ans. Les plus puissants des ordinateurs personnels sont installés
désormais au domicile des gens, qui ont découvert
dans leur entreprise (informatiquement au bord de la saturation)
le plaisir du jeu électronique, de la couleur, du son,
de la vidéo.
Troisième pilier enfin, le réseau, type Internet,
que j'évoquais au début de cet article.
La télévision est un ruban d'asphalte, l'ordinateur
quelque chose que l'on peut faire rouler sur l'asphalte, mais
seul le réseau donne à cet ensemble un sens, peut
en faire un média d'une puissance sans exemple dans l'Histoire.
Le World Wide Web (le Web), un élément clé
du réseau, a été inventé par quelques
chercheurs en informatique qui travaillaient dans le même
bureau, au CERN (Centre Européen de la Recherche Nucléaire),
à Genève. A l'origine, leur objectif était
de permettre à des physiciens géographiquement
éparpillés d'écrire ensemble des articles
et d'y joindre des références de travaux tiers.
Pensaient-ils déclencher une révolution de l'information?
Peut-être, mais ils n'en ont jamais rien dit. (Dès
que le Web devint populaire, le CERN mit fin au programme, qui
émigra alors au sud de la France...). Web n'est pas en
soi une oeuvre monumentale, n'empêche que ses effets de levier
sont incroyables. Le Web vous permet, par exemple, de construire
des pages et des pages d'information dont chaque mot, chaque
image, chaque son, auront été pompés dans
une toutes sortes d'ordinateurs situés un peu partout
dans le monde. De surcroît, chaque mot ou chaque image
pourra servir de porte d'entrée conduisant à de
nouvelles pages et à de nouvelles images. Les dossiers
réunis par chaque participant du Web sont en quelque sorte
les éléments dispersés d'une formidable
bibliothèque planétaire. L'utilisateur du Web peut
feuilleter cet hypertexte page
après page, sans qu'il lui soit jamais nécessaire
de savoir si telle page provient d'une bibliothèque ou
de vingt bibliothèques. Et chaque pépite d'information
intéressante figure sur cette page conduit, par simple
clic de la souris, sur des pages qui complètent l'information
qu'elle donne, pages qui, à leur tour, peuvent conduire
à d'autres pages, et ainsi de suite, à l'infini.
Que signifie ce chambardement?
La première chose qu'il faut comprendre et accepter est
que l'"autoroute" numérique fondée sur
le Web est un nouveau média. Les chercheurs l'utilisent
depuis des années. Les entreprises commerciales, elles,
commencent tout juste à s'y mettre: des sociétés
aussi différentes que Boeing (les avions) et Grolsch (la
bière) ont des pages à elles sur le Web. Tout comme
votre fils, sans doute. C'est dire que le réseau est sorti
du confinement des laboratoires, qu'il est désormais un
forum public. Dans quelques mois, il sera un supermarché.
Dès que l'on se décidera à utiliser des
techniques qui existent pour saura envoyer par le réseau,
de manière sûre, c'est-à-dire indéchiffrable
par des tiers, de l'argent numérique anonyme ou un numéro
de carte de crédit.
Mais pour qu'un réseau devienne un vrai média,
il faut qu'il construise une communauté humaine. C'est
l'objet même du Web. La révolution n'est pas le Web, mais la communauté planétaire. C'est elle
que votre fils invite dans sa chambre, le soir. Pour les uns,
elle est un "Chat Forum" (un Salon où l'on cause,
disons), une espèce de "party" planétaire,
avec un hôte et un visiteur célèbre, comme
dans un "talk show" télévisé.
Pour les autres, elle est le "Multi-User Dungeons"
(les Donjons à plusieurs joueurs), un jeu qui vous permet
de prendre une nouvelle personnalité et d'explorer des
espaces de synthèse. [On lira, à ce propos, dans
"Le Temps stratégique" No 63, d'avril 1995,
"Nous allons tous pouvoir nous shooter au virtuel",
de Philippe Quéau].
Mais le cyberespace résonne aussi des échos de
médias plus anciens. Une étudiante de doctorat
du Media Laboratory du MIT (Massachusetts Institute of Technology)
propose par exemple des cartes électroniques de salutations,
brèves, illustrées, que l'on peut envoyer à
qui l'on veut sur le réseau. Depuis qu'elle a lancé
ce service, 20'000 personnes se sont arrêtées à
son guichet pour jeter un oeil, 12'000 ont envoyé des
cartes de salutations, et trois sociétés (non-américaines)
lui ont demandé le droit de les exploiter. Tout cela à
partir de l'ordinateur personnel sur lequel elle est supposée
rédiger sa thèse!
Il a fallu aux gouvernements des centaines d'années pour
bricoler le réseau du commerce international. Internet
et le Web ont créé un réseau similaire en
moins de trois ans. L'information numérique, le commerce
numérique, la communauté numérique, se moquent
des limites que les frontières politiques et les règlements
imposent traditionnellement aux êtres humains en chair
et en os et aux médias physiques. Le Web et Internet se
fichent des distances: alors que pour le téléphone,
plus votre interlocuteur est éloigné, plus vous
lui parlez longtemps, et plus vous payez, sur Internet il vous
suffit de payer un abonnement, et après vous n'avez plus
à vous soucier de savoir d'où viennent réellement
les bits qui viennent s'afficher sur l'écran de votre
ordinateur
La vraie magie du Web, cependant, est qu'il ne vous livre pas
des paquets tout ficelés, mais des blocs avec lesquels
vous réalisez vos propres constructions. Lorsque vous
voyez une page sur votre écran, les mots affichés
viennent peut-être d'une bibliothèque aux Pays-Bas,
les sons des États-Unis, et les images d'une flopée
d'ordinateurs personnels situés dans le salon de gens
vivant aux quatre coins du monde. Grâce à quoi,
si vous êtes intéressé par le sport, vous
n'avez plus besoin de souscrire au journal entier: des services
automatisés peuvent sélectionner à votre
intention juste ce que vous voulez, pour vous le livrer au fur
et à mesure que cela paraît. La météo
peut venir du spécialiste du temps à la télé,
les nouvelles de foot directement du stade.
Vous direz que les juristes spécialisés dans les
copyrights vont s'arracher les cheveux. C'est vrai. Mais enfin,
que je sache, nous avons survécu aux assauts des enregistreurs
et des photocopieuses sans perte irréparable de notre
sang légal. Nous réussirons donc bien à
survivre à la question du paiement des droits pour quelques
pages d'un roman, trois secondes d'un film, 33'000 copies du
fragment de photographie collé par votre fils et ses copains
sur les lettres que leur école envoie à des tas
de petits correspondants à travers le monde.
Peut-être avons-nous vécu jusqu'ici dans un confort
abusif, convaincus qu'il serait toujours possible de retrouver
un plagiaire, un calomniateur, un pornographe, un pirate, par
les traces physiques qu'il laisse forcément derrière
lui (pour donner un exemple: il n'est point imaginable, aujourd'hui,
qu'une cargaison de disques compacts copiés sans droit
passe totalement inaperçue). Il se trouve que les bits
électroniques, eux, sont évanescents. On ne peut
que souhaiter bonne chance à qui voudrait débusquer
les auteurs de chaque illustration d'un livre composé
sur un tableau d'affichage planétaire d'Internet. Il faut
se souvenir de la leçon du multimédia: la "chose"
n'est un livre que lorsqu'elle est imprimée; avant, elle
n'est qu'une suite de signaux électroniques, identiques
à ceux qui courent dans les fils du téléphone
lorsque vous appelez votre vieille tante.
A partir de là, où va-t-on?
Inutile de demander quand va éclater la révolution
de l'information: elle est en cours. Lorsqu'une technologie nouvelle
apparaît, d'ordinaire elle commence par patauger, puis
décolle brusquement, ou alors s'effondre sans rémission.
Voyez le vidéodisque, qui est apparu en 1978, mais patauge
encore. Le disque compact a décollé brusquement,
s'imposant plus rapidement que tous les autres médias
de l'histoire. L'ordinateur personnel, c'est encore une autre
histoire: dans ses dix premières années, il a pénétré
les domiciles privés au moins deux fois plus vite que
le disque compact, et plus vite, bien sûr, que la radio,
la télévision et le téléphone. Les
jeux, les traitements de texte, les encyclopédies sur
disques compacts exercent sur l'utilisateur privé un attrait
irrésistible. Les ordinateurs personnels, par leur nombre,
ont atteint d'ores et déjà ce que l'on pourrait
appeler une masse critique.
Si vous ajoutez à ces développements, celui des
réseaux, le Web et Internet, vous avez le tableau complet
actuel. Ce nouveau média est-il une mode? Non, trop tard.
Une fois que les réseaux construisent des communautés
planétaires, on ne peut plus les démanteler, pas
plus qu'on ne peut rembobiner la Suisse jusqu'à ses trois
cantons primitifs ou ramener les États-Unis dans le giron
de l'Empire britannique. Le marketing et le commerce, qui savent
s'engouffrer dans les opérations qui marchent, ont humé
d'ores et déjà le pouvoir incroyable du nouveau
média.
Voici le nouvel âge démocratique: des millions de
voix individuelles et plus de frontières. Quelques explorateurs
cherchent encore ses limites extrêmes, mais, fondamentalement,
tout est en place. L'Histoire récente a montré
que les pays où la liberté d'expression a fleuri
sont prospères, ceux où elle a été
étouffée ont disparu; la même chose vaut
pour l'information.
Ceux qui s'y exercent au nouveau média seront prêts,
le moment venu. Ceux qui traînent les pieds seront laissés
au bord de la route.

ADDENDA