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Hypertexte
Concept et technologie de liaison de textes entre eux, permettant
à l'utilisateur de passer aisément des uns aux
autres. Dans le réseau Internet, les liens hypertexte
tels qu'ils apparaissent dans les pages Web sont signifiés
par la couleur bleue de certains mots; en cliquant sur ces mots
à l'aide de la souris de l'ordinateur, d'autres pages
s'ouvrent à l'utilisateur dans lesquelles il trouvera
d'autres liens hypertexte, et ainsi de suite.
Selon Ted Nelson, un des penseurs de l'hypertexte, on peut le
définir comme une "écriture non séquentielle"
constituant un "groupement non-linéaire de noeuds
liés".
L'hypertexte en tant que forme d'écriture non-linéaire
est une notion qui a traversé les siècles. Les
encyclopédistes du XVIIIè siècle introduisirent
par exemple une classification du savoir fonctionnant par renvois
internes. Mais l'idée d'un système électronique
reliant entre eux des groupes de textes fut évoquée
pour la première fois en 1945 par Vannevar Bush, un ingénieur
responsable des services informatiques de l'administration Roosevelt,
à la tête d'une communauté de 6000 scientifiques.
Dans un article intitulé "As We May Think"
("Comme nous pourrions penser"), l'auteur notait
que la somme de l'expérience humaine s'accroissait à
une vitesse vertigineuse, mais que les moyens utilisés
pour se faufiler dans le labyrinthe de ces connaissances restaient
archaïques. Vannevar Bush imagina une "machine conceptuelle",
le "memex", capable de créer des liens couplant
des textes et des illustrations. Il considérait qu'une
technologie de l'information privilégiant la sélection
par association plutôt que par indexation correspondait
à la manière dont l'esprit humain structure l'information.
En 1981, Ted Nelson développa les idées de Bush
dans son livre "Literary Machines" pour les
intégrer à son projet "Xanadu",
visant à rassembler l'ensemble du patrimoine écrit
de l'humanité en de gigantesques bases de données
(constituées par des milliers de milliards de mots) que
les individus consulteraient à l'aide de liens. Ted Nelson
poursuit le rêve moniste de l'unification ultime, de la
mise en réseau de tout. "Je n'ai jamais fait de différence
entre la technique et la poétique. J'ai toujours pensé
qu'il y avait là un continuum (...) Je récuse toute
idée de dichotomie. Tout logiciel est, à mon sens,
une extension de soi."
Sources: "As We May Think" par Bush
Vannevar, in: Atlantic Monthly, 176/1, July 1945.
Literary Machines, par Nelson T.H. publié à
compte d'auteur, 1981, disponible également en versions
électroniques.
Source: internet/news/faq/alt.hypertext.

ARTICLE
ADDENDA
DOSSIER
© Le Temps stratégique,
No 66, Genève, octobre 1995. le.temps@edipresse.ch
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