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Par Andrew Lippman

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Hypertexte

Concept et technologie de liaison de textes entre eux, permettant à l'utilisateur de passer aisément des uns aux autres. Dans le réseau Internet, les liens hypertexte tels qu'ils apparaissent dans les pages Web sont signifiés par la couleur bleue de certains mots; en cliquant sur ces mots à l'aide de la souris de l'ordinateur, d'autres pages s'ouvrent à l'utilisateur dans lesquelles il trouvera d'autres liens hypertexte, et ainsi de suite.

Selon Ted Nelson, un des penseurs de l'hypertexte, on peut le définir comme une "écriture non séquentielle" constituant un "groupement non-linéaire de noeuds liés".

L'hypertexte en tant que forme d'écriture non-linéaire est une notion qui a traversé les siècles. Les encyclopédistes du XVIIIè siècle introduisirent par exemple une classification du savoir fonctionnant par renvois internes. Mais l'idée d'un système électronique reliant entre eux des groupes de textes fut évoquée pour la première fois en 1945 par Vannevar Bush, un ingénieur responsable des services informatiques de l'administration Roosevelt, à la tête d'une communauté de 6000 scientifiques. Dans un article intitulé "As We May Think" ("Comme nous pourrions penser"), l'auteur notait que la somme de l'expérience humaine s'accroissait à une vitesse vertigineuse, mais que les moyens utilisés pour se faufiler dans le labyrinthe de ces connaissances restaient archaïques. Vannevar Bush imagina une "machine conceptuelle", le "memex", capable de créer des liens couplant des textes et des illustrations. Il considérait qu'une technologie de l'information privilégiant la sélection par association plutôt que par indexation correspondait à la manière dont l'esprit humain structure l'information.

En 1981, Ted Nelson développa les idées de Bush dans son livre "Literary Machines" pour les intégrer à son projet "Xanadu", visant à rassembler l'ensemble du patrimoine écrit de l'humanité en de gigantesques bases de données (constituées par des milliers de milliards de mots) que les individus consulteraient à l'aide de liens. Ted Nelson poursuit le rêve moniste de l'unification ultime, de la mise en réseau de tout. "Je n'ai jamais fait de différence entre la technique et la poétique. J'ai toujours pensé qu'il y avait là un continuum (...) Je récuse toute idée de dichotomie. Tout logiciel est, à mon sens, une extension de soi."

Sources: "As We May Think" par Bush Vannevar, in: Atlantic Monthly, 176/1, July 1945. Literary Machines, par Nelson T.H. publié à compte d'auteur, 1981, disponible également en versions électroniques.

Source: internet/news/faq/alt.hypertext.

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© Le Temps stratégique, No 66, Genève, octobre 1995. le.temps@edipresse.ch

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