|

DOSSIERS EN LIGNE
Des
ordinateurs
presque vivants
La
fin des grandes
chaînes TV
Spécial
prévisions
POLEMIQUE
/ CONTRE-ARGUMENT 1
Finie
la science ?
Tout reste à découvrir !
POLEMIQUE
/ CONTRE-ARGUMENT 2
La
faiblesse de la thèse de John Horgan est qu'elle aussi
est improuvable !
ADDENDA
Who's
who pratique
Bibliographie
|
ADDENDA
Les théories fusillées par John Horgan
Les univers parallèles de Andrei
Linde
Astrophysicien russe enseignant à l'université
de Stanford depuis 1990, Andrei Linde a formulé en 1982
une nouvelle théorie de l'univers qui se veut une "amélioration"
du modèle du Big Bang (l'"explosion initiale"
à l'origine de la création de l'univers). Linde
critique la théorie du Big Bang pour les nombreux problèmes
physiques et philosophiques qu'elle soulève. Il considère
notamment que les équations physiques qui déterminent
le Big Bang prédisent un univers beaucoup plus petit qu'il
ne l'est en réalité et que le modèle théorique
n'explique pas pourquoi les différentes régions
de l'univers se ressemblent et les lointaines galaxies sont distribuées
de façon aussi uniforme dans toutes les directions au
sein de l'univers. C'est pourquoi l'astrophysicien russe propose
la théorie d'un univers auto-reproducteur et à
très forte croissance (self-reproducing inflationary universe)
qu'il a modélisé grâce à des simulations
sur ordinateur. Selon lui, la croissance de l'univers à
son origine aurait été extrêmement rapide
- elle aurait dépassé la vitesse de la lumière
- et aurait obéi à un modèle d'"inflation
chaotique". Alors que la théorie classique du Big
Bang décrit un univers semblable une bulle de savon se
gonflant graduellement, la théorie de Linde décrit
un univers semblable à une bulle qui produirait des bulles
identiques, et ainsi de suite. L'univers décrit par Linde
enfanterait de nouveaux univers par auto-reproduction et selon
une arborescence empruntée aux mathématiques fractales.

Le modèle d'univers
auto-reproducteur et inflationniste
d'Andrei Linde
Source: "The Self-Reproducing Inflationary Universe"
par Andrei Linde. In: "Scientific American",
No 271, November 1994.
La théorie des cordes d'Edward
Witten
Physicien et mathématicien né en 1951 et enseignant
à l'université de Princeton, Edward Witten est
considéré comme un des plus éminents spécialistes
de la physique théorique. En 1990, il a reçu la
médaille Fields, l'équivalent du prix Nobel pour
les mathématiques, pour ses modélisations de la
théorie des cordes (topological quantum field theory).
Selon Edward Witten, la théorie des cordes dominera la
physique des 50 prochaines années et les "physiciens
sont en train de poser des questions qui impliquent de nouvelles
mathématiques qui n'existent pas encore".
Sa théorie représente les
particules élémentaires de la physique par des
cordes extrêmement petites (100 milliards de milliards
de fois plus petites qu'un noyau d'hydrogène) évoluant
dans un espace étrange à 10 ou 26 dimensions, pouvant
vibrer à différentes fréquences ou "résonances".
Pour décrire les mouvements vibratoires d'une corde, il
faut représenter un espace avec un grand nombre de dimensions.
La topologie (science de l'"étude des lieux"
et qui est une sorte de "géométrie de situation")
joue ici un rôle majeur car elle permet d'imaginer comment,
à l'intérieur de ces cordes, on peut voyager dans
des mondes aux dimensions différentes.
L'intérêt de la théorie
des cordes pour les théoriciens de la physique est qu'elle
surmonte et par là même unifie les deux grandes
théories de la physique moderne, celle de la relativité
générale et celle de la mécanique quantique.
Elle modifie notre compréhension de l'espace-temps et
notamment envisage ses autres aménagements possibles.

Interaction de deux cordes
Ces cordes se combinent
et se séparent, elles peuvent aussi se tordre, faire des
boucles, elles se meuvent dans un espace-temps à plus
de 4 dimensions car il existe des dimensions nouvelles enroulées
dans leur espace interne.
Source: "Les
dimensions secrètes de l'univers" par Michel
Gagnon. Association canadienne-française pour l'avancement
des sciences, 1996.
Les lois de la complexité
Les lois de la complexité sont des modélisations
théoriques de systèmes dynamiques étudiés
dans diverses disciplines : biologie, chimie, mathématiques,
physique et informatique principalement. Ces systèmes,
qui vont de la fourmilière aux marchés financiers,
ne peuvent être décrits par l'analyse réductionniste
(consistant à découper le tout en plusieurs parties
pour mieux l'appréhender par décomposition de ses
fonctions élémentaires), ni selon une perception
linéaire du temps. Pour tenter de répondre au défi
croissant de ces phénomènes complexes et contradictoires,
des scientifiques se sont regroupés au sein d'un centre
de recherches pluridisciplinaires, le Santa Fe Institute, créé
en 1984 au Nouveau Mexique.
Parmi les membres de ce centre, deux biologistes ont avancé
un certain nombre de "lois" de la complexité.
Ainsi Brian Goodwin, auteur de plusieurs ouvrages sur la biologie
dont How The Leopard Changed Its Spots: The Evolution of Complexity
(New York, C. Scribner's Sons, 1994), plaide pour un changement
de perspective théorique en biologie. Il appelle à
abandonner la vision darwiniste (compétitivité
des individus, "guerre de tous contre tous", etc.)
qu'il estime incomplète car il montre que les organismes
vivants sont plus que des machines à survivre, qu'il y
a, outre l'aspect compétitif, "égoïste",
destructif et répétitif chez les individus biologiques,
des formes de coopération, véritablement altruistes,
créatives et mêmes ludiques.
Stuart Kauffman, quant à lui, a
écrit deux livres remarqués, Origins of Order:
Self-Organization and Selection in Evolution, (New York,
Oxford University Press, 1993) et At Home in the Universe:
the search for the laws of complexity (New York, Oxford University
Press, 1995) dans lesquels il expose ces lois et leurs fonctions.
"Nous ne pourrons jamais espérer prédire les
bifurcations exactes de l'arbre de la vie, affirme Kauffman,
mais nous pouvons découvrir des lois puissantes qui prédisent
et expliquent leur forme générale (...) La vie
(...) est un phénomène émergent qui apparaît
lorsque la diversité moléculaire du système
chimique prébiotique augmente au-delà d'un certain
seuil de complexité. Il n'y a pas de force vitale ou de
substance externe dans ce tout émergent et auto-reproducteur".
Source: site internet du Santa
Fe Institute
L'hypothèse Gaïa
L'hypothèse Gaïa est une théorie de la vie
sur terre proposée à la fin des années 1960
par le biochimiste britannique James E. Lovelock et la microbiologiste
américaine Lynn Margulisis. Ces deux chercheurs affirment
que la Terre, composée de ses matières inorganiques
et de ses organismes vivants, formerait un superorganisme appelé
Gaïa (d'après la divinité grecque personnifiant
la Terre, "mère des Titans"). Selon cette hypothèse,
la Terre serait un système dynamique qui s'auto-régulerait
et où "le tout est plus que la somme de ses parties".
Le processus d'évolution biologique y serait moins le
résultat d'une sélection par la compétitivité
entre individus qu'un processus de coopération des organismes
en quête de symbiose avec leur environnement.
James Lovelock a popularisé cette
hypothèse au travers de nombreux livres: La terre est
un être vivant : l'hypothèse Gaïa (Monaco,
Editions Le Rocher, 1986), Les âges de Gaïa (Paris,
Robert Laffont, 1990), Gaia : comment soigner une terre malade
? (Paris, Robert Laffont, 1992).
Note sur la quête d'une intelligence
extraterrestre
Le SETI (Search for Extraterrestrial
Intelligence) est un institut de recherches à but
non lucratif basé en Californie qui se consacre entièrement
à l'étude de l'intelligence et de la vie extraterrestres.
Les différents travaux et projets scientifiques développés
par cet institut sont financés par la NASA, le National
Science Foundation et un grand nombre d'institutions privées.
Ils concernent l'astronomie, les processus d'évolutions
chimique et biologique et l'étude des origines de la vie.
Le principal chantier du SETI est le projet Phenix lancé
en 1995 pour sonder les signaux radio de quelques 1000 étoiles
situées à 200 années-lumières de
la Terre à la recherche d'une source extraterrestre. Ce
projet, qui coûte entre 4 et 5 millions de dollars par
an, n'a enregistré aucune "signature" extraterrestre
jusqu'à présent; théoriquement, il lui resterait
400 milliards d'étoiles à scruter au sein de notre
galaxie.
© paru dans Le
Temps stratégique, No 84, novembre-décembre
1998.
[haut
de la page] |