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Les microscopes à "sondes
locales"
A l'aise dans l'univers micrométrique,
l'industrie commence à se rapprocher bellement du monde
nanométrique, de l'ultime miniaturisation. Pensez aux
éléments qui constituent les puces électroniques,
aux sources lasers de faible puissance, à tous ces dispositifs
réalisés en matériaux semi-conducteurs.
Le nanomonde n'est plus très loin.
Les industriels ont ainsi un solide problème
à résoudre. A cette échelle, le moindre
défaut devient dévastateur. Mais comment le repérer?
Les fabricants commencent donc à s'équiper à
tour de bras en microscopes à sonde locale (microscopes
à effet tunnel + à force atomique). Ces espions
dans l'infiniment petit leur permettent d'inspecter les produits
dont la qualité de surface revêt une importance
primordiale (matrices servant à fabriquer les disques
compacts par exemple).
Des dizaines d'entreprises se
lancent
C'est ainsi que, en 1992, les ventes mondiales
de microscopes à sonde locale ont atteint 50 millions
de dollars. C'est encore nanoscopique mais déjà
quelque chose. En Europe, quelque deux cents appareils ont été
vendus l'an dernier pour un total de 15 millions de dollars.
Trois fabricants se partagent pour l'instant ce début
de marché: Digital Instruments, incontestablement le numéro
un, Park Scientific Instruments et Topometrix. Curieusement,
alors qu'il faut entre une année et demi et deux ans de
travail pour fabriquer un seul microscope de ce type, ces trois
fabricants relèvent de la catégorie des petites
et moyennes entreprises. Le géant IBM en fabrique de son
côté mais ne les commercialise pas. Probablement
parce que d'autres terrains, encore plus fertiles (les mémoires
informatiques à très haute capacité), pointent
à l'horizon grâce aux nouveaux microscopes. En attendant,
alléchées par le marché, des dizaines et
des dizaines d'entreprises s'y lancent. Trop semble-t-il pour
qu'elles puissent toutes survivre.
Un mot encore sur ces nouveaux engins.
Dans un proche avenir, ils pourraient également servir
à stocker des informations. Les spécialistes parlent
déjà d'un système constitué d'une
centaine de pointes de microscope à effet tunnel, mues
par des moteurs piézoélectriques. L'appareil permettrait
d'engranger un milliard d'informations par centimètre
carré et aurait l'avantage non dédaignable de beaucoup
mieux résister aux chocs que les disques durs conventionnels
pour ordinateurs.
© Le
Temps stratégique, No 51, Genève, mars 1993.
le.temps@edipresse.ch
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