2. Les
indices
Les indices boursiers sont des moyennes calculées sur les cours
d'un certain nombre de valeurs que l'on estime représentatives
de l'évolution générale du marché.
Moyennes simples (comme le Dow Jones) ou moyennes pondérées
(comme le Standard & Poor's 500), les indices jouent le rôle
de baromètres des marchés boursiers.
L'indice Dow Jones est le plus connu des indices boursiers. A sa création,
en 1884, par Charles H. Dow et Edward D. Jones, le Dow Jones
Industrial Average était fondé sur la moyenne
simple du cours des actions de 11 grandes entreprises américaines
(20 en 1916, et 30 depuis 1928). Publié à l'origine
dans un petit journal financier ancêtre du Wall Street
Journal., le Dow Jones clôtura sur une baisse de 12.8%
lors du krach historique du 29 octobre 1929, et de 22.6% lors
du krach du 16 octobre 1987. Le Dow Jones reflète bien
l'évolution des valeurs américaines de premier
ordre ou blue chips : ATT, Eastman Kodak, General Electric
et autres NCR.
Il est d'autres indices boursiers: le Standard & Poor's 500 de New York (indice
de 500 valeurs américaines), le Nikkei de Tokyo (225 valeurs),
le Footsie de Londres (100), le CAC 40 de Paris (40), le Swiss
Performance Index ou SPI de Zurich (362). Outre ces indices généraux,
il existe des sous-indices (du Dow Jones, du Standard & Poors
500, du SPI, etc.), qui reflètent les différents
segments du marché: par branches (industrielles, transports,
finances) ou par catégories de titres (actions au porteur,
nominatives, bons de participations).
3. Les
taux
Taux dintérêt. Le niveau des taux d'intérêt sont
fixés par les autorités monétaires en fonction
de leur objectif final de croissance économique interne.
L'intérêt est la rémunération du capital
prêté que l'emprunteur verse au prêteur. Son
taux dépend des conditions du marché, de la longueur
du prêt (taux longs, taux courts) et de la réputation
de l'emprunteur. Il existe plusieurs taux de l'intérêt.
Taux de change.
Les taux de change des monnaies varient en fonction des taux
d'intérêt pratiqués dans les pays concernés.
Si le pays A hausse ses taux d'intérêts, des capitaux
étrangers vont aussitôt affluer, en quête
de placement plus rémunérateur. La monnaie du pays
devient plus recherchée et tend donc à s'apprécier
sur le marché des changes. Inversément, si le pays
A baisse ses taux d'intérêt provoque, le taux de
change de sa monnaie (moins recherchée) baissera.
4. Les
instruments dérivés
Les instruments dérivés sont des instruments financiers que l'on acquiert
pour s'assurer contre de fortes variations de cours. On lira
dans ce numéro, à leur propos, l'article de Martin
Baker, "Dans lunivers de la finance, rien nest
calcul, tout est intuition!" Ces instruments sont appelés
"dérivés" parce qu'ils sont fondés
sur le cours d'autres instruments financiers (actions, obligations)
ou d'autres biens (matières premières), et qu'ils
"dérivent" donc leur valeur de la valeur de
ces autres actions, devises ou matières premières
"sous-jacentes". Comme on peut acquérir des
instruments dérivés en ne s'acquittant que d'un
faible dépôt (de lordre de 5%), ils ont un
effet de levier important et peuvent conduire très vite
à des gains ou à des pertes considérables.
Les pères spirituels des instruments
dérivés sont mathématiciens. En 1973, Fischer Black, physicien et mathématicien
formé à Harvard, et Myron Scholes, économiste
du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publiaient dans
le Journal of Political Economy un article ("The
Pricing of Options and Corporate Liabilities") où
ils démontraient leur fameuse équation de Black-Scholes,
qui fournit des outils précis de calcul des risques financiers
des marchés à options. Cette formule fut unanimement
appréciée pour son élégance mathématique,
mais elle commence aujourd'hui à être critiquée
pour ses effets euphorisants sur les marchés. Parce qu'elle
postule que lincertitude est maîtrisable, elle rassure
intellectuellement ceux qui pratiquent le jeu souvent dangereux
des instruments dérivés.
5. D'autres
termes et noms cités
Le G10 est le "club"
des banques centrales des grandes puissances monétaires.
Il compte en fait onze pays (les Etats-Unis, lAllemagne,
lAngleterre, le Japon, la France, le Canada, lItalie,
la Suède, les Pays-bas et la Belgique, plus la Suisse
qui y dispose dun statut spécial).
SICAV signifie
Société d'investissement à capital variable.
Il s'agit d'un produit financier français. On distingue,
selon la nature des investissements réalisés, les
SICAV d'obligations, les SICAV d'actions, les SICAV investies
à court terme, les SICAV de trésorerie, et selon
la politique de distribution menée, les SICAV de capitalisation
et les SICAV de distribution. Les SICAV sont dites de court terme
lorsqu'elles sont destinées aux placements liquides, et
"monétaire" lorsque leur capital est investi
en produits financiers à courte durée, rémunérés
au taux du marché monétaire avec un régime
fiscal approprié.
L'arbitragiste
est un opérateur exploitant
les différences de prix ou de cours dun même
bien ou instrument sur différents marchés. Il achète
là où les prix sont bas pour vendre là où
ils sont élevés. Pour tirer un profit de distorsions
de prix souvent faibles (1/16 ou 1/32 de dollar par exemple),
l'arbitragiste doit négocier simultanément de très
nombreux contrats.
George Soros
est un spéculateur américain d'origine hongroise
spécialisé dans la gestion des "hedge funds"
ou fonds de couverture. Né à Budapest en 1930,
il s'est installé en Grande-Bretagne en 1947 où
il a étudié l'économie, puis s'est rendu
aux Etats-Unis en 1956. George Soros a écrit entre autres
The Alchemy of Finance (Simon & Schuster, 1987), Opening
the Soviet System (Weidenfeld & Nicholson, 1990),Underwriting
Democracy (The Free Press, 1991), Ideas and Actions (Wiley
and Sons, 1995).
C.G
© Le Temps stratégique,
No 69, Genève, Avril 1996. le.temps@edipresse.ch.