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Nouvelle finance planétaire
les vertus du chaos

Par Charles Goldfinger

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Nouvelle finance planétaire

 

 

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Les banques devront s’adapter ou mourir

Pour ne point trop dériver

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Glossaire

1. La monnaie

Monnaie d'échange. Si vous voulez une pomme et que n'en ayez pas dans votre cave, il vous faut trouver quelqu'un qui accepte de vous abandonner sa pomme en échange de quelque chose. Au cours de l'histoire, ce quelque chose a été tantôt des perles, des coquillages, des hameçons, du blé ou tout autre objet utilisé comme "monnaie d'échange".

Monnaie métallique. La monnaie-objet présente cependant de sérieux inconvénients: les perles se cassent, le blé pourrit... Les Égyptiens résolurent le problème au 26e siècle avant Jésus-Christ en inventant les premières monnaies métalliques: durables, portables et que l'on pouvait subdiviser en pièces plus petites, utiles pour les achats modestes.

Papier-monnaie. La premier papier-monnaie connu a été le "kwan" chinois émis par la dynastie Ming entre 1368 et 1399. A l'heure actuelle, cette monnaie, dite fiduciaire parce que fondée sur la confiance accordée à celui qui l'émet, prend la forme de "billets de banque" émis par les diverses Banques nationales.

Monnaie scripturale. Le volume de la monnaie fiduciaire en circulation est infiniment moins important que celui de la monnaie appelée scripturale, parce que générée par les mouvement d'écritures (électroniques de plus en plus souvent) des comptes courants bancaires.

La masse monétaire est l'ensemble des différents monnaies en circulation sur un territoire donné.

Les agrégats monétaires sont les différentes catégories de monnaie et d'actifs liquides de la masse monétaire. Ceux-ci comprennent la masse monétaire au sens strict (M1) et les différents actifs financiers, plus liquides (M2) ou moins liquides (M3).

M1 comprend les actifs liquides: monnaie, billets, dépôts à vue en francs
M2 comprend M1 plus les comptes sur livret (épargne, etc.) ainsi que les placements à vue non utilisables immédiatement
M3 comprend M2 plus les placements monétaires en devises, les placements à terme non négociables, les titres de créance négociables émis par les établissements de crédit, bref tous les instruments financiers qu'il n'est pas facile de convertir rapidement en argent liquide.

 

2. Les indices

Les indices boursiers sont des moyennes calculées sur les cours d'un certain nombre de valeurs que l'on estime représentatives de l'évolution générale du marché. Moyennes simples (comme le Dow Jones) ou moyennes pondérées (comme le Standard & Poor's 500), les indices jouent le rôle de baromètres des marchés boursiers.

L'indice Dow Jones est le plus connu des indices boursiers. A sa création, en 1884, par Charles H. Dow et Edward D. Jones, le Dow Jones Industrial Average était fondé sur la moyenne simple du cours des actions de 11 grandes entreprises américaines (20 en 1916, et 30 depuis 1928). Publié à l'origine dans un petit journal financier ancêtre du Wall Street Journal., le Dow Jones clôtura sur une baisse de 12.8% lors du krach historique du 29 octobre 1929, et de 22.6% lors du krach du 16 octobre 1987. Le Dow Jones reflète bien l'évolution des valeurs américaines de premier ordre ou blue chips : ATT, Eastman Kodak, General Electric et autres NCR.

Il est d'autres indices boursiers: le Standard & Poor's 500 de New York (indice de 500 valeurs américaines), le Nikkei de Tokyo (225 valeurs), le Footsie de Londres (100), le CAC 40 de Paris (40), le Swiss Performance Index ou SPI de Zurich (362). Outre ces indices généraux, il existe des sous-indices (du Dow Jones, du Standard & Poor’s 500, du SPI, etc.), qui reflètent les différents segments du marché: par branches (industrielles, transports, finances) ou par catégories de titres (actions au porteur, nominatives, bons de participations).

3. Les taux

Taux d’intérêt. Le niveau des taux d'intérêt sont fixés par les autorités monétaires en fonction de leur objectif final de croissance économique interne. L'intérêt est la rémunération du capital prêté que l'emprunteur verse au prêteur. Son taux dépend des conditions du marché, de la longueur du prêt (taux longs, taux courts) et de la réputation de l'emprunteur. Il existe plusieurs taux de l'intérêt.

Taux de change. Les taux de change des monnaies varient en fonction des taux d'intérêt pratiqués dans les pays concernés. Si le pays A hausse ses taux d'intérêts, des capitaux étrangers vont aussitôt affluer, en quête de placement plus rémunérateur. La monnaie du pays devient plus recherchée et tend donc à s'apprécier sur le marché des changes. Inversément, si le pays A baisse ses taux d'intérêt provoque, le taux de change de sa monnaie (moins recherchée) baissera.

4. Les instruments dérivés

Les instruments dérivés sont des instruments financiers que l'on acquiert pour s'assurer contre de fortes variations de cours. On lira dans ce numéro, à leur propos, l'article de Martin Baker, "Dans l’univers de la finance, rien n’est calcul, tout est intuition!" Ces instruments sont appelés "dérivés" parce qu'ils sont fondés sur le cours d'autres instruments financiers (actions, obligations) ou d'autres biens (matières premières), et qu'ils "dérivent" donc leur valeur de la valeur de ces autres actions, devises ou matières premières "sous-jacentes". Comme on peut acquérir des instruments dérivés en ne s'acquittant que d'un faible dépôt (de l’ordre de 5%), ils ont un effet de levier important et peuvent conduire très vite à des gains ou à des pertes considérables.

Les pères spirituels des instruments dérivés sont mathématiciens. En 1973, Fischer Black, physicien et mathématicien formé à Harvard, et Myron Scholes, économiste du Massachusetts Institute of Technology (MIT) publiaient dans le Journal of Political Economy un article ("The Pricing of Options and Corporate Liabilities") où ils démontraient leur fameuse équation de Black-Scholes, qui fournit des outils précis de calcul des risques financiers des marchés à options. Cette formule fut unanimement appréciée pour son élégance mathématique, mais elle commence aujourd'hui à être critiquée pour ses effets euphorisants sur les marchés. Parce qu'elle postule que l’incertitude est maîtrisable, elle rassure intellectuellement ceux qui pratiquent le jeu souvent dangereux des instruments dérivés.

5. D'autres termes et noms cités

Le G10 est le "club" des banques centrales des grandes puissances monétaires. Il compte en fait onze pays (les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Angleterre, le Japon, la France, le Canada, l’Italie, la Suède, les Pays-bas et la Belgique, plus la Suisse qui y dispose d’un statut spécial).

SICAV signifie Société d'investissement à capital variable. Il s'agit d'un produit financier français. On distingue, selon la nature des investissements réalisés, les SICAV d'obligations, les SICAV d'actions, les SICAV investies à court terme, les SICAV de trésorerie, et selon la politique de distribution menée, les SICAV de capitalisation et les SICAV de distribution. Les SICAV sont dites de court terme lorsqu'elles sont destinées aux placements liquides, et "monétaire" lorsque leur capital est investi en produits financiers à courte durée, rémunérés au taux du marché monétaire avec un régime fiscal approprié.

L'arbitragiste est un opérateur exploitant les différences de prix ou de cours d’un même bien ou instrument sur différents marchés. Il achète là où les prix sont bas pour vendre là où ils sont élevés. Pour tirer un profit de distorsions de prix souvent faibles (1/16 ou 1/32 de dollar par exemple), l'arbitragiste doit négocier simultanément de très nombreux contrats.

George Soros est un spéculateur américain d'origine hongroise spécialisé dans la gestion des "hedge funds" ou fonds de couverture. Né à Budapest en 1930, il s'est installé en Grande-Bretagne en 1947 où il a étudié l'économie, puis s'est rendu aux Etats-Unis en 1956. George Soros a écrit entre autres The Alchemy of Finance (Simon & Schuster, 1987), Opening the Soviet System (Weidenfeld & Nicholson, 1990),Underwriting Democracy (The Free Press, 1991), Ideas and Actions (Wiley and Sons, 1995).

C.G

© Le Temps stratégique, No 69, Genève, Avril 1996. le.temps@edipresse.ch.

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