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(Synopsis)
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ORIENTATION
Notre documentaire a pour but de dresser le portrait d'un acteur de cinéma
arabe. En posant un titre si expressément générique, nous
voudrions le rendre indissociable du nom de celui dont il est proposé d'esquisser
la personnalité. A l'origine du projet, l'intérêt de notre
choix de l'acteur de cinéma résidait dans le fait qu'il était
représentatif d'un autre acteur, social, autrement plus déterminant;
l' Individu arabe contemporain . Installé depuis des indépendances
- seulement - politiques, parfois par quelque révolution
nationalitaire, cet acteur social est, aujourd'hui, c'est-à-dire à l'orée
du XXIème siécle, éminemment complexe. A la croisée
de plusieurs aires géo-culturelles, il vit fond une double temporalité.
Son histoire contemporaine s'est faite d'abord pour et par des conflits géo-politiques
d'une rare intensité-longévité. Vrillé par des appétits
d'absolu, il a d'abord découvert ses devoirs de citoyen provincial avant
de percevoir des droits dits universels qu'il s'attache désormais à conquérir.
Se sachant mal perçu de l'Autre culturel et vivant mal une conception
importée - allant du local au "galaxique"-, il sait vivre l'angoisse
et le mépris de soi devant l'urgence de ses problèmes quotidiens
(logement, travail, santé...). La conjoncture planétaire l'a mis égale
distance de deux notions tant chéries, qui ne lui laissent guère
le choix entre renforcer une facture jugée ethnologique ou au contraire
l'anesthésier; culture revigorée ou modernité bien ingérée,
telles sont les voies encore et toujours possibles de son salut devant les temps
venir.
. ANCRAGE
Voilà en fait le héros principal de notre documentaire... Comment
mener son investigation, révéler ses doutes, parcourir à la
trace certaines errances, remarquer ses revanches, retrouver le rire salutaire,
pour finalement signaler une main tendue ? Qui peut l'incarner, ce héros
intellectuel ou populiste, à l'esthétique difficilement admise
- parce que n'étant pas de mode - mais éminemment cinématographique,
parmi la panoplie - parfois de pacotille - des acteurs de cinéma arabes?
Cet acteur existe, il est très estimé dans son pays, l'Egypte en
l'occurence. De par sa prestation cinématographique, Ahmed Zaki peut prétendre à cette
correspondance. Révélé dans des rôles tout à fait
remarquables lors de la décennie 80, il est par là même un
acteur récent du cinéma égyptien .
Deux points le spécifient, le mettant hors normes parmi les acteurs si
prolifiques d'Egypte; d'une part sa filmographie limitée et sélective,
et d'autre part une ligne conductrice qui traverse tous les films dans lesquels
il a joué. Le social et le politique qui en découle, voire un certain
populisme (propre à une société égyptienne qui s'est
habituée à poser un regard sur elle-même, indiquant par là une
reproduction -par l'image - de la société), voilà les champs
de la réalité ordinaire que cet acteur aime parcourir dans ses
films. Ceux-ci correspondent pour la plupart ceux de ce que l'on appelle le nouveau
cinéma égyptien . . Mené par des réalisateurs
tels que A. Tayeb, K. Bishara, M. Khan et R. El Mihi, ce cinéma se veut
l'héritier de la veine sociologique et néo-réaliste porté à l'écran
arabe par le grand réalisateur Salah Abou Seif ( Raya wa Sakina, le
Caire des années 30 , le procès 68 ,... ): "La nouvelle
vague se réclame du réalisme. Non pas au sens simpliste du terme,
c'est-à-dire une transposition des images du réel à l'écran
avec un héros et un happy end mais dans une suite de moments et d'évènements
pris au réel qui impliquent le spectateur (...) Ce nouveau cinéma
a pour souci premier de ne pas être une usine à rêves (...)
ce cinéma est une réussite commerciale tout en étant bien
accueilli par la critique..." L'acteur de ces films a, au-delà des
scénarii proprement dit, valeur d'anti-star; "le nouveau cinéma égyptien
tente de mettre en évidence l'aspect "normal" des acteurs de
manière à ce qu'ils ne soient pas déconnectés de
la vie quotidienne. Il évite ainsi d'en faire de nouveaux chevaliers mythiques".
Ahmed Zaki, au-delà du contexte cinématographique dans lequel il évolue,
possède un réel talent de comédien; un montage de quelques
extraits de films permettrait de s'en rendre compte aisément. Les personnages
qu'il incarne s'affirment et se mettent en relief au fur et mesure de l'histoire
que l'image raconte, pour prendre une force et une vérité particulières
au moment privilégié du film. La banalité du héros,
celle du début de histoire, si ordinaire qu'elle semble nous préparer à l'ennui,
annonce l'ampleur du drame intérieur que vit le personnage, sinon celui
qui va le révéler dans une violence jusqu'alors insondée.
Un homme est mis en crise, son envergure touche en même temps qu'elle étonne,
parce qu'insoupçonnée de l'homme ordinaire, celui qui arpente les
rues du Caire, d'Alger ou de Casablanca. On croit le connaître, ce personnage
apparemment anodin, qui n'existe que pour les tracasseries du quotidien, puis
soudain se met en place une distance, qui n'est née que pour prévenir
des secousses telluriques désormais imminentes, qui, au bout du compte,
réconcilient de façon salutaire Individu et individus. Au lieu
de renforcer un mépris de soi, l'identification de l'anonyme devient bienveillance
et respect. Tel le personnage du chauffeur de taxi, qu'incarne Ahmed Zaki dans Ta'ir
'ala tariq de M. Khan, qui vit en vain une histoire d'amour pour finalement
s'acharner à ne plus vivre. Tel le paysan devenu militaire, d' Al
bari' de A. Tayeb, qui, dans une caserne où sont détenus
des prisonniers politiques, ira dans le zèle jusqu'à tuer un prisonnier
qui tente de s'échapper, jusqu'à ce qu'il comprenne ce qu'est en
vérité un détenu d'opinion. Ou bien le rôle du petit
voyou, dans Ahlam Hind wa Kamilia de M. Khan, qui finit bon an mal
an par fonder un foyer, avant de sombrer dans l'univers carcéral...
DECOUPAGE
Le documentaire proposé tourne autour de trois thèmes:
- Celui qui traite de la filmographie de l'acteur (extraits de
films), pour la situer dans le contexte du nouveau cinéma
égyptien. Nous devrons alors mener quelques interviews
avec des metteurs en scène (A. Tayeb, K. Bishara, R. El
Mihi,...) qui nous parlerons de l'acteur et de leurs tournages.
L'homme de la rue aura lui aussi son mot à dire sur l'acteur,
sur le type de cinéma qui le met en scène. Nous
aurons alors un aperçu sur les tendances récentes
du cinéma égyptien, son incidence sur la société
égyptienne en particulier, arabe en général.
Les principaux films d'Ahmed Zaki:
O'youn la tanam deux tentatives de cinéma réaliste
Ana la akdeb lakin atajamal
Ta'ir 'ala tariq le pessimisme de l'individu
Arba'a fi mouhima rasmia deux conceptualisations populistes
Daraja talta
Al raqisa wa tobal
Derb al hawa trois comédies
Al bey al bouab
Ahlam Hind wa Kamilia problèmes de l'inégalité
sociale
Al bari' deux lectures socio-politiques
Zawjat rajal mouhim
Al bidaya une fable teintée de philosophie politique.
- Celui qui présentera l'acteur dans le cadre privé
où il nous parlera de son origine, de sa formation et
de ses débuts cinématographiques, du cinéma
en général. Le discours sera illustré de
scènes de sa vie ordinaire, d'éventuelles séquences
de tournage sur un plateau cinématographique, d'un parcours
de l'acteur dans la ville du Caire, et si possible, d'un moment
dans son milieu d'origine (campagne du sud égyptien).
- Celui enfin qui privilégiera les réflexions et
les interrogations d'un homme sur la société globale,
les aspirations et les résistances sociales à la
modernité, la culture et son scribe, l'éphémère
des idéologies, les combats qui restent à mener
pour la promotion de l'Individu.
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