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Setuuma chamane indien par Michel
Perrin
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Le coût d'une cure chamanique guajiro
est composé du "prix d'invite", du "prix
des choses présentées" et du "prix de
la fête" Le prix d'invite, donné au (ou à
la) chamane pour qu'il (elle) accepte de venir voir le malade,
est généralement un bijou (ou, aujourd'hui, une
somme moyenne de 100 bolivars, soit environ 30 francs suisses
en 1980). Le prix des choses présentées est constitué
de l'ensemble des objets, du bétail et des sommes d'argent
censés être demandés par les esprits du chamane
pour assurer la guérison. Exposés près du
malade durant toute la durée de la cure, ils seront ensuite
emportés par le chamane ou un membre de sa famille. Enfin.
le prix de la fête correspond à celui des animaux
sacrifiés, de l'alcool et de la nourriture distribués
aux participants à la danse annonçant le succès
de la cure et servant à renforcer le processus de guérison.
Le prix moyen d'une cure chamanique est donc très élevé,
et il est souvent proportionnel à la célébrité
du chamane, à la gravité de la maladie et à
la position sociale du patient. Si le malade devait le payer
seul, ce prix serait exorbitant. Mais, comme toutes les transactions
importantes de la vie sociale guajiro - telles que le paiement
du prix d'une fiancée, les compensations payées
pour résoudre des conflits ou pour des funérailles
le paiement de la chamanerie est pris en charge par l'ensemble
du lignage ou du clan, soit au moins une vingtaine de personnes.
Il est donc difficile de juger du coût de la chamanerie
en termes occidentaux.
Enfin, si l'état du malade ne s'améliore pas, le
chamane ne fait rien payer ou garde seulement le prix d'invite.
Cela n'empêche pas aujourd'hui nombre de Guajiro, généralement
ceux qui ont profité des soins gratuits donnés
dans les dispensaires ou les hôpitaux auxquels ont maintenant
accès certains Indiens, d'accuser les chamanes de ne faire
que "manger l'argent".

Textes sur le chamanisme:
Chez les
Indiens la drogue structure, chez nous elle détruit, par Michel Perrin
Le Serpent cosmique,
par Jeremy Narby
Ce que m'on fait
voir les plantes sorcières,
par Michael Harner
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