Nassim Nicholas Taleb, Le Cygne noir. La puissance de l'imprévisible, Les Belles Lettres, 2008.
Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ?
Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.
Dans cet ouvrage, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos des « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.
Libano-américain, Nassim Nicholas Taleb est écrivain et philosophe des sciences du hasard. Depuis 2007, il est l'essayiste le plus lu et le plus traduit dans le monde. Ancien trader des marchés, Taleb se consacre aujourd'hui à l'écriture et enseigne les rapports entre l'épistémologie et les sciences de l'incertitude à l'Institut polytechnique de la New York University. Best-seller traduit en vingt-cinq langues, son premier ouvrage, Le Hasard sauvage a paru aux Belles Lettres en 2005.
Extraits:
« Prenez une dinde que l’on nourrit tous les jours. Chaque apport de nourriture va la renforcer dans sa croyance que la règle générale de la vie est d’être nourrie quotidiennement par de sympathiques membres de la race humaine « soucieux de ses intérêts », comme le disent les hommes politiques. Le mercredi après-midi précédant Noël, quelque chose d’inattendu va arriver à la dinde, qui va l’amener à réviser ses croyances. »
(...)
Il pourrait sembler à un dilettante amateur de citations – c’est-à-dire à l’un de ces écrivains et universitaires qui émaillent leurs textes de formules émanant de figures d’autorité défuntes – que, selon la formule de Hobbes : « Tels antécédents, telles conséquences. » Que ceux qui croient aux bienfaits inconditionnels de l’expérience passée méditent sur ce petit bijou de sagesse attribué à un célèbre capitaine de vaisseau :
Mais de toute ma carrière, je n’ai jamais connu d’accident […] d’aucune sorte qui vaille la peine d’être mentionné. Pendant toutes ces années passées en mer, je n’ai vu qu’un seul navire en détresse. Je n’ai jamais vu de bateau échoué et je n’ai jamais échoué moi-même, ni été dans une situation difficile qui menaçait de tourner au désastre.
(E. J. Smith, 1907, capitaine du Titanic.)
Le navire du capitaine Smith sombra en 1912 lors de ce qui devint le naufrage le plus commenté de l’histoire.