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"Les lois de la physique moderne confirment les concepts qui régissent les mystiques
de l'Asie: Hindouisme, Bouddhisme, Taoïsme."
L'auteur a également écrit Le temps du Changement et la Sagesse des Sages.
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Extraits significatifs :
p. 32 ; "La connaissance et les activités rationnelles constituent certainement la
majeure partie de la recherche scientifique, mais non pas le tout. La part rationnelle de
la recherche serait, de fait, vaine si elle n'était pas complétée par l'intuition, qui
donne aux scientifiques de nouveaux aperçus et les rend créatifs. Ces aperçus sont
soudains et, d'une manière caractéristique, surviennent non pas lorsqu'on est assis à
une table de travail, à résoudre des équations, mais lorsqu'on se détend dans son
bain, durant une promenade en forêt, sur la plage, etc. Durant ces périodes de
relaxation après une activité intellectuelle concentrée, l'intuition semble prendre la
relève et peut produire l'aperçu lumineux et soudain qui procure tant de joie et de
délices au chercheur."
p. 61 ; "Lorsque Faraday produisit un courant électrique dans une bobine de cuivre
en déplaçant un aimant près d'elle, puis transforma le travail mécanique de
déplacement de l'aimant en énergie électrique, il amena la science et la technique à
un tournant. son expérimentation fondamentale donna naissance, d'une part, à la vaste
technologie de l'énergie électrique, de l'autre, à la constitution de la base de ses
théories spéculatives et de celles de Maxwell, qui, par la suite, aboutirent à une
théorie complète de l'électromagnétisme."
p. 63 ; "Il dut réaliser intuitivement, même s'il ne le dit pas explicitement, que
les entités fondamentales dans la théorie étaient les champs et non les modèles
mécaniques. Ce fut Einstein qui reconnut clairement ce fait cinquante ans plus tard
lorsqu'il affirma l'inexistence de l'éther et que les champs électromagnétiques
étaient des entités physiques par eux-mêmes, qui pouvaient se propager à travers un
espace vide, et dont on ne pouvait donner une explication mécanique.
Au début du XXe siècle, les physiciens se trouvèrent donc en possession de deux
théories efficientes s'appliquant à des phénomènes différents : la mécanique de
Newton et l'électrodynamique de Maxwell. Ainsi le modèle newtonien avait-il cessé
d'être la base de toute la physique."
p. 64 ; "...les notions d'espace et de temps absolus, de particules élémentaires
solides, de phénomènes physiques de nature strictement causale, ainsi que l'idéal d'une
description objective de la nature. Aucun de ces concepts ne pouvait être étendu aux
nouveaux domaines où les physiciens menaient désormais leurs investigations.
(...) Einstein croyait fermement en l'harmonie inhérente à la nature et sa
préoccupation la plus profonde, tout au long de sa vie scientifique, fur de trouver un
fondement unitaire de la physique.
(...) Selon la théorie de la relativité, l'espace n'est pas tridimensionnel et le temps
n'est pas une entité séparée."
p. 65 ; "...la masse n'est rien d'autre qu'une forme d'énergie.
(...) La force de gravité, selon la théorie d'Einstein, a comme effet de
"courber" l'espace et le temps. Cela signifie que la géométrie euclidienne
courante n'est plus valable dans untel espace courbe, de même que la géométrie
bidimensionnelle d'un plan ne peut être appliquée à la surface d'une sphère.
(...) Sur une sphère, cependant, ce procédé est inutilisable car les règles de la
géométrie euclidienne ne valent pas pour les surfaces courbes."
p. 67 ; "Le diamètre d'un atome est à peu près d'une centaine de millionième de
centimètre."
p. 68 ; "Ces lois (de la Physique atomique ), toutefois, ne furent pas aisées à
découvrir. Elles furent découvertes dans les années 1920 par un groupe international de
physiciens parmi lesquels le Danois Niels Bohr, le Français Louis de Broglie, les
Autrichiens Erwin Schrödinger et Wolfgang Pauli, l'Allemand Werner Heisenberg et
l'Anglais Paul Dirac."
p. 69 ; "Les expérimentations de Rutherford montrent que les atomes, au lieu d'être
durs et indestructibles, se composent de vastes étendues d'espace dans lesquelles des
particules extrêmement petites se meuvent, puis la théorie quantique fit apparaître
clairement que même ces particules n'ont rien à voir avec les objets solides de la
physique classique. Les unités subatomiques de la matière sont des unités très
abstraites qui ont un double aspect. Selon la manière dont nous les observons, elles
apparaissent tantôt comme des particules et tantôt comme des ondes ; or cette double
nature apparaît également dans la lumière, qui peut prendre la formes d'ondes
électromagnétiques ou de particules."
p. 70 ; "Les quanta de lumière, qui donnèrent son nom à la théorie des quanta,
ont depuis été reconnus comme des particules et sont maintenant nommés photons. ce sont
des particules d'une espèce spéciale, de masse nulle, se propageant toujours à la
vitesse de la lumière.
L'apparente contradiction entre l'image de la particule et celle de l'onde fut résolue
d'une manière totalement inattendue qui remit en question les fondements véritables de
la conception mécaniste du monde -la notion de la réalité de la matière. Au niveau
subatomique, la matière n'existe pas avec certitude à des places définies, mais
manifeste plutôt une "tendance à exister", et les événements atomiques ne
surviennent pas avec certitude, mais manifestent plutôt des "tendances à
survenir". Dans la formulation de la théorie quantique, ces tendances sont
exprimées comme des probabilités et sont associées aux quantités mathématiques qui
prennent la forme d'ondes.
(...) La théorie quantique révèle ainsi l'unicité de l'univers. Elle montre que nous
ne pouvons décomposer le monde en ses plus petites unités existantes."
p. 71 ; "En physique atomique, nous ne pouvons jamais parler de la nature sans,
simultanément, parler de nous-mêmes."
p. 83 ; "La similitude devient apparente dans les théories des quanta et de la
relativité, et devient même plus manifeste dans les modèles
"quantiques-relativistes" de physique subatomique où ces deux théories se
combinent pour produire le plus frappant parallèle avec la philosophie orientale."
p. 101-102 ; "Le sommet de la pensée bouddhiste a été atteint, selon plusieurs
auteurs, par l'école Avatamsaka reposant sur le sutra du même nom. Ce sutra est
considéré comme le coeur du bouddhisme Mahayana et loué par Suzuki dans les termes les
plus enthousiastes :
"Quant au sutra Avatamsaka, c'est réellement le couronnement de la pensée
bouddhiste, du sentiment bouddhiste et de l'expérience bouddhiste. A mon avis, aucune
littérature religieuse dans le monde ne saurait jamais égaler la grandeur de la
conception, la profondeur du sentiment et l'ampleur de la composition atteints dans ce
sutra. C'est l'éternelle fontaine de vie d'où aucun esprit religieux ne reviendra
assoiffé ou seulement à moitié satisfait.""
p. 106 ; "En Chine, cet ouvrage est en général simplement nommé le Lao-tseu alors
qu'en Occident il est connu communément comme le Tao Te King , le "Classique de la
Voie et du Pouvoir", nom qui lui fut attribué ultérieurement. J'ai déjà
mentionné le style paradoxal et le langage puissant et poétique de ce livre que Joseph
Needham considèrent être "sans exception aucune le plus profond et le plus beau
livre de la langue chinoise".
Le second livre taoïste important est le Tchouang-tseu ..."
p. 117 ; "Reconnaissant la relativité du bien et du mal, et ainsi de toutes les
conventions morales, le sage taoïste ne s'efforce pas d'atteindre le bien mais tente
plutôt de maintenir un équilibre dynamique entre le bien et le mal."
p. 125-126 ; "Le Soto évite la méthode violente du Rinzaï et vise à la maturation
progressive de l'étudiant Zen, "comme la brise printanière qui caresse la fleur
l'aide à s'ouvrir." Il préconise la "tranquille posture assise" et la
pratique du travail quotidien comme deux formes de méditation.
Les écoles Soto et Rinzaï attachent toutes deux la plus grande importance au zazen , ou
méditation assise, pratiqué dans les temples Zen chaque jour pendant plusieurs heures.
la posture correcte et la respiration impliquées par cette forme de méditation sont les
premières choses que l'étudiant du Zen doit apprendre.
(...) Comme le dit un poème Zen :
Assis paisiblement, sans rien faire,
le printemps vient, et l'herbe croît d'elle-même.
(...) le petit livre d'Eugen Herrigel, le Zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc
."
p. 134 ; "Cette réalité est nommée Brahman dans l'hindouisme, Dharmakana dans le
bouddhisme, Tao dans le taoïsme. Parce qu'elle transcende tous les concepts et les
catégories, les bouddhistes l'appellent aussi Tathata, ou "réalité telle qu'elle
est" :
Ce que l'âme désigne comme réalité telle qu'elle est, c'est l'unité de toutes choses,
le Grand Tout ."
p. 141 ; ""On est conduit à la nouvelle notion d'une totalité continue
infirmant l'idée classique de déconstruction du monde en parties existant séparément
et indépendamment (...) Nous avons inversé la notion traditionnelle selon laquelle les
"parties élémentaires" du monde en constituent la réalité fondamentale, et
les divers systèmes sont seulement des figures et des combinaisons particulières et
contingentes de ces parties. Nous dirons plutôt que l'interconnexion quantique de
l'univers dans son ensemble est la réalité fondamentale et que les parties fonctionnant
de façon relativement interdépendante sont simplement des formes particulières et
fortuites à l'intérieur de cet ensemble.""
p. 145 ; "Selon Tchouang-tseu : "La relation avec le corps et ses élément
disparaît. Les organes des sens sont laissés de côté. Ainsi, quittant la forme
matérielle et disant adieu à mon savoir, je deviens uni à l'omniprésent. Cela je
l'appelle s'asseoir pour oublier tout."
Bien entendu, la physique moderne fonctionne dans un cadre très différent, elle ne peut
aller aussi loin dans l'expérience de l'unité de toutes choses. Mais, avec la théorie
atomique, elle a accompli un grand pas vers la vision du monde des mystiques orientaux. La
théorie quantique a aboli la notion d'objets séparés et introduit la notion de
participant pour remplacer celle d'observateur ; il est désormais nécessaire d'inclure
la conscience humaine dans sa description du monde.
On en est venu à percevoir le monde comme un tissu de relations mentales et physiques,
dont les éléments sont définissables seulement dans leur rapport à l'ensemble."
p. 149 ; ""Ce qui fait apparaître tantôt l'obscurité, tantôt la lumière,
est le Tao.""
p. 151 ; "Les physiciens modernes, par conséquent, devraient pouvoir pénétrer le
sens des enseignements centraux de l'Orient en les rapprochant des expériences dans leur
propre champ. un nombre peu élevé, mais croissant, de jeunes physiciens a même trouvé
une telle approche de la spiritualité orientale extrêmement précieuse et
stimulante."
p 152 ; "...l'énergie et la matière ne sont que différents aspects d'un même
phénomène."
p. 157 ; "Force et matière, particules et ondes, mouvement et repos, existence et
non-existence. Voici quelques-uns des concepts opposés ou contradictoires qui sont
dépassés en physique moderne."
p. 163 ; "Niels Bohr était bien conscient du parallélisme entre son concept de
complémentarité et la pensée chinoise. Lorsqu'il visita la Chine en 1937, à un moment
où son interprétation de la théorie quantique était déjà complètement élaborée,
il fut profondément impressionné par l'ancestrale idée chinoise de pôle opposés et
dès lors, il porta un vif intérêt à la culture extrême-orientale. Dix ans plus tard,
Bohr fut fait chevalier en récompense de ses éminentes réalisations scientifiques et
ses importantes contributions à la vie culturelle danoise ; et, lorsqu'il eut à choisir
une arme pour son blason, son choix se porta sur le symbole chinois de T'ai-Chi
représentant la relation complémentaire des archétypes opposés yin et yang . En
choisissant ce symbole pour son blason avec la devise Contraria sunt complementa
("Les opposés sont complémentaires"), Niels Bohr reconnaissait la profonde
harmonie entre l'ancienne sagesse extrême-orientale et la science moderne
occidentale."
p. 165 ; "La physique moderne a confirmé de façon spectaculaire l'une des idées de
base de la spiritualité extrême-orientale : tous les concepts que nous employons pour
décrire la nature sont limités, ce ne sont pas des caractéristiques de la réalité
comme nous avons tendance à le croire, mais des créations de l'esprit, parties de la
carte et non du territoire. Toutes les fois que nous élargissons le domaine de notre
expérience, les limitations de notre pensée rationnelle deviennent évidentes et nous
devons modifier, voire abandonner, certaines de nos conceptions."
p. 166 ; "On dit que la porte de l'Académie de Platon à Athènes portait
l'inscription : "Que nul n'entre ici s'il n'est géomètre."
(...) De là l'adage platonicien : "Dieu est géomètre""
p. 167 ; "Selon les mots d'Henri Margenau :
"La révélation centrale de la théorie de la relativité est que la géométrie est
une construction de l'esprit. C'est seulement lorsqu'on accepte cette découverte que
l'esprit peut se sentir libre de toucher aux sacro-saintes notions d'espace et de temps,
pour étudier le champ des possibilités dont il dispose pour les définir et choisir la
formulation qui s'accorde à l'observation."
(...) Les commentaires de Joseph Needham sur l'astronomie chinoise sont à cet égard
très intéressants :
"Les astronomes chinois n'éprouvaient pas le besoin de recourir à des formes
géométriques. Les organismes composant l'organisme universel suivaient le Tao, chacun
conformément à sa propre nature, et leurs mouvements pouvaient être étudiés sous la
forme essentiellement "non représentative" de l'algèbre. Les Chinois étaient
donc exempts de cette obsession des astronomes européens, du cercle comme la plus
parfaite figure, et ne firent pas l'expérience du carcan médiéval des sphères
cristallines.""
p. 173 ; "Il faut à la lumière huit minutes pour se propager du Soleil à la Terre,
et donc nous voyons le Soleil, à tout instant, tel qu'il était huit minutes auparavant.
De même, nous voyons la plus proche étoile telle qu'elle existait quatre ans auparavant,
et, avec nos puissants télescopes, nous pouvons voir des galaxies telles qu'elles
étaient il y a des millions d'années."
p. 174-175 ; Le "paradoxe des jumeaux" ; "Ce qui est vrai des longueurs
l'est également des intervalles de temps. Eux aussi dépendent du système de référence
mais, contrairement aux distances spatiales, ils deviennent plus longs lorsque la vitesse
relative à l'observateur augmente. Cela veut dire que des aiguilles de montres en
mouvement tournent plus lentement, le temps ralentit. Ces horloges peuvent être de types
variés : pendules mécaniques, électroniques, ou le battement d'un coeur humain. Si de
deux jumeaux l'un effectuait un rapide aller et retour dans l'espace, il serait plus jeune
que son frère lorsqu'il reviendrait, parce que tous ses "mécanismes"
(organiques), son rythme cardiaque, son flux sanguin, ses ondes cérébrales, etc.
auraient ralenti durant le voyage, du point de vue de l'homme sur Terre. Le voyageur
lui-même, bien-entendu, n'aurait rien remarqué d'inhabituel, mais, à son retour, il
aurait soudain réalisé que son frère jumeau était maintenant beaucoup plus âgé. Ce
"paradoxe des jumeaux" est peut-être le plus célèbre de la physique moderne.
Il a provoqué des discussions animées dans les journaux scientifiques, dont
quelques-unes se poursuivent encore ; c'est une preuve éloquente du fait que la réalité
décrite par la théorie de la relativité ne peut être saisie par notre compréhension
ordinaire."
p. 196 ; "L'aspect dynamique de la matière apparaît comme une conséquence de la
nature ondulatoire des particules subatomiques et s'avère même encore plus essentiel
dans la théorie de la relativité, comme nous le verrons, où l'unification de l'espace
et du temps implique que l'existence de la matière ne peut être distinguée de son
activité."
p. 198 ; "...la matière n'est donc jamais inerte, mais toujours en état de
mouvement."
p. 209 ; ""Tandis que la philosophie européenne cherchait la réalité dans la
substance, écrit Joseph Needham, la philosophie chinoise la cherchait dans la
relation."
(...) Nous connaissons aujourd'hui plus de deux cents particules, la plupart d'entre elles
étant créées artificiellement par des processus de collision et ne durant qu'un temps
extrêmement bref; bien moins d'un millionième de seconde!"
p. 211 ; "Dans ces "théories du champ quantique", la distinction entre les
particules et l'espace les entourant perd sa netteté originaire et le vide est reconnu en
tant que quantité dynamique d'une importance souveraine."
p. 214 ; "...la distinction classique entre les particules solides et l'espace les
entourant est totalement dépassée."
p. 215 ; "Néanmoins, l'intuition sous-jacente à l'interprétation que donne le
physicien du monde subatomique, en fonction du champ quantique, est très analogue à
celle du mystique oriental qui interprète son expérience du monde en fonction d'une
réalité sous-jacente ultime. A la suite de l'émergence du concept de champ, les
physiciens ont essayé d'unifier les divers champs en un champ fondamental unique qui
incorporerait tous les phénomènes physiques. Einstein, en particulier, consacra les
dernières années de sa vie à chercher un tel champ unique. Le Brahman des hindous comme
le Dharmakana des bouddhistes et le Tao des taoïstes peuvent être considérés,
peut-être, comme le champ unifié suprême d'où proviennent non seulement tous les
phénomènes étudiés en physique, mais aussi tous les autres phénomènes."
p. 216 ; "* Kuan-tzu , trad. W. A. Rickett, XIII, 36 : une oeuvre sociophilosophique
vase attribuée traditionnellement au célèbre homme d'État Kuan Chung, du VIIe siècle
av. J.-C. mais plus vraisemblablement une oeuvre hétéroclite écrite aux alentours du
IIIe siècle av. J.-C- et reflétant diverses écoles philosophiques."
p. 218 ; ""L'univers physique chinois aux époque ancienne et médiévale était
un ensemble parfaitement continu : le Ch'i condensé en matière palpable n'était pas des
particules, mais des objets individuels agissant et réagissant avec tous les autres
objets dans le monde, ondulant ou vibrant, dépendant, en dernier ressort, de l'alternance
rythmique des deux forces fondamentales, le yin et le yang . Les, objets individuels,
donc, possédaient leur rythme intrinsèque. Et ceux-ci étaient intégrés dans le
schème général de l'harmonie du monde."
p. 225 ; ""Toutes les choses en rotation, dit Tchang Tsai se référant au ciel,
ont une force spontanée et ainsi leur mouvement ne leur est pas imposé de
l'extérieur"."
p. 227 ; "Quand on sait que le Grand Vide est plein de Ch'i,
On sait que le Néant n'existe pas ."
p. 291 ; "La philosophie du bootstrap marque le rejet décisif de la conception
mécaniste du monde en physique moderne. L'univers de Newton était construit à partir
d'un ensemble d'entités de base possédant certaines propriétés fondamentales, créées
par Dieu et par conséquent non justiciables d'une analyse plus approfondie. D'une façon
ou d'une autre, cette notion était implicite dans toutes les théories de la science
naturelle jusqu'à ce que l'hypothèse du bootstrap énonçât explicitement que le monde
ne peut être compris comme un assemblage d'entités inalalysables. Dans la nouvelle
vision du monde, l'univers est conçu comme un tissu dynamique d'événements
interconnectés. Aucune des propriétés d'une partie quelconque de ce tissu n'est
fondamentale ; elles découlent toutes des propriétés des autres parties, et la
cohérence générale de leurs interactions détermine la structure du tissu entier."
p. 292 ; "Selon Thomas d'Aquin : "Il est une certaine loi éternelle, à savoir
la raison, existant dans l'esprit de Dieu et gouvernant l'univers entier*."
(...) Les physiciens en sont arrivés à constater que toutes leurs théories des
phénomènes naturels, y compris les "lois" qu'ils décrivent, sont des
créations de l'esprit humain...
(...) Ainsi, on peut expliquer de multiples phénomènes en fonction de quelques-uns, et,
par conséquent, comprendre divers aspects de la nature d'une façon approximative sans
avoir à les comprendre tous à la fois. Telle est la méthode scientifique ; toutes les
théories et tous les modèles scientifiques sont des approximations de la vraie nature
des choses...
* Cité par J. Needham, Science and Civilisation in China (Science et Civilisation en
Chine) , vol. II, p. 538."
p. 294-295 ; "Au sens large, l'idée du bootstrap, bien que fascinante et commode,
n'est pas scientifique. la science, comme nous le savons, exige un langage fondé sur
quelque structure incontestée. Sémantiquement, donc, une tentative d'expliquer tous les
concepts peut difficilement être dite "scientifique"."
"Dans la vision chinoise du monde, la coopération harmonieuse de tous les êtres
provient non des ordres d'une autorité supérieure extérieure à eux, mais du fait
qu'ils sont tous les éléments d'une hiérarchie d'ensembles formant une structure
cosmique, et obéissant aux exigences internes de leur propre nature."
Selon Needham, les Chinois ne possédaient même pas de mot correspondant à l'idée
occidentale de "loi de la nature". Le terme qui s'en approche le plus est li ,
que le philosophe néo-confucéen Chu Hsi décrit comme les "innombrables motifs
semblables à des veines à l'intérieur du Tao".
Needham traduit li par "principe d'organisation"..."
p. 297 ; "Selon Sri Aurobindo : "Pour l'intelligence supérieure rien n'est
vraiment fini ; elle s'appuie sur le sentiment du tout est dans tout et
réciproquement.""
p. 312 ; "Je crois que la vision du monde impliquée par la physique moderne est
incompatible avec notre société actuelle, qui ne reflète aucunement l'interdépendance
harmonieuse que nous observons dans la nature. Afin de réaliser un tel état d'équilibre
dynamique, une structure économique et sociale radicalement différente sera nécessaire
: une révolution culturelle au vrai sens du mot. La survie de notre civilisation entière
dépend peut-être de notre possibilité de réaliser une telle transformation. Cela
dépendra, en dernière instance, de notre capacité à adopter quelques-unes des
attitudes yin de la spiritualité orientale ; à faire l'expérience de la totalité de la
nature, et de l'art de vivre en harmonie avec elle."
p. 313 ; "...lorsque les physiciens se rendirent compte que l'univers pourrait, en
fait, être interconnecté d'une manière plus subtile qu'on l'avait jusque-là pensé. Le
nouveau genre d'interconnexion apparu récemment, renforce non seulement les similitudes
entre les conceptions des physiciens et celles des mystiques, mais ouvre également la
possibilité mystérieuse de relier la physique subatomique à la psychologie de Jung et,
peut-être même, à la parapsychologie. Cela éclaire d'une manière nouvelle le rôle
fondamental de la probabilité dans la physique des quanta."
Extraits de Le Tao de la physique par Fritjof Capra (Paris, Sand, 1975).
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© @rchipress 1998
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