Comment les CFF envisagent
le XXIe siècle
Rail 2000 désigne une quarantaine de projets spécifiques
approuvés en bloc par le peuple suisse en 1987, qui visent
à améliorer le trafic ferroviaire national. La
première étape de ce vaste projet, y compris la
mise en circulation de nouveaux véhicules (voitures Intercity
à deux niveaux, trains à caisses inclinables),
l'aménagement de l'infrastructure (constructions de tunnels,
renforcement de voies supplémentaires aux points névralgiques
du réseau, etc.), et l'organisation de la cadence semi-horaire
sur les lignes principales les plus fréquentées,
devrait être terminée en 2005, pour un coût
estimé à 8 milliards de francs. En conjonction
avec le projet Alp Transit de mise en place des nouvelles transversales
ferroviaires nord-sud (NLFA), il devrait permettre un gain de
temps de parcours de 8% sur l'ensemble du réseau national
et de 17% dans les liaisons entre 23 grandes villes suisses.
La NLFA ou nouvelle ligne ferroviaire à travers les
Alpes, dont le peuple suisse a approuvé le principe
en 1992, prévoit notamment la construction de deux tunnels
de base nord-sud, sous le Gothard (quelque 50 kilomètres
à l'horizon 2008) et sous le Lötschberg (30 kilomètres
opérationnels pour 2005), pour un coût prévu
de 12,5 milliards de francs, dont le mode de financement fait
encore l'objet de vives disputes. [Pour une évaluation
globale de la politique ferroviaire suisse, on pourra lire le
dossierTransports, la Suisse désaxée , dans
"Le Temps des Affaires" No 60, d'octobre 1994.]
Swissmetro? Les CFF ont d'autres chats à fouetter...
Après la parution de l'étude préliminaire
de faisabilité du projet Swissmetro, les CFF affirmaient
en 1964, par la voix de Claude Roux, qui était alors leur
directeur général, qu'il n'existait "aucune
concurrence entre Swissmetro et les projets comme Rail 2000 ou
les nouvelles transversales alpines (NLFA)". Claude Roux
expliquait également que si la régie s'était
montrée, avant sa prise de participation dans Swissmetro
(150'000 francs sur un capital total de près de 3.6 millions
de francs), cela tenait simplement au fait que "dans la
campagne qui précédait la votation de Rail 2000,
certains milieux qui, du reste, ne portaient pas un intérêt
particulier à Swissmetro, ont voulu saisir cette idée
pour torpiller Rail 2000. Cela a provoqué une réaction
extrêmement vive de la part de la direction générale
des CFF de l'époque."
Peter Merz, actuel chef du service de la communication des Grands
projets des CFF, se montre, quant à lui, peu enclin à
s'exprimer sur Swissmetro, arguant que les CFF ont pour l'heure
d'autres problèmes à régler. Il constate
tout au plus que Swissmetro a pris "un autre chemin"
que les grands projets des CFF. Même si le projet Swissmetro
est décalé dans le temps (horizon 2020) par rapport
à Rail 2000 (vers 2005) et les NLFA (vers 2008-2010),
Peter Merz reconnaît que là où il serait
implanté, Swissmetro entraînerait à terme
une perte de trafic pour les trains Intercity des CFF, surtout
sur des tronçons tels que Lausanne-Genève et Zurich-Lucerne.
R.B.
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Swissmetro, "l'avion souterrain"
des Helvètes
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