La plénitude de l’Univers

La plénitude de l’Univers
(Wholeness and the implicate order)

David Bohm (Monaco, éditions Le Rocher, 1987)

« David Bohm offre une nouvelle vision globale du monde qui représente une révision radicale de l’image de l’univers découlant de la science traditionnelle. Bien qu’inspiré à l’origine par les paradoxes de la physique quantique relativiste, son modèle offre de profondes implications concernant un vaste éventail de disciplines scientifiques comprenant la biologie, la recherche sur le cerveau, la psychologie, la psychiatrie, la linguistique, la sociologie, la science politique, l’économie et l’écologie. »

 Extraits significatifs :

p. 11 ; « Pendant les trois cents dernières années, la science occidentale a été dominée par une conception mécaniste du monde connue sous le nom de « paradigme newtonien-cartésien. »

p. 12-13 ; « La science traditionnelle voit l’histoire de l’Univers comme l’histoire du développement de la matière dans lequel la vie, la conscience et l’intelligence créatrice représentent les sous-produits accidentels, dépourvus de sens, d’une matière basiquement passive et inerte. l’origine de la vie et de l’évolution des organismes vivants est alors considérée simplement comme un épiphénomène ayant émergé lorsque le développement de la substance matérielle a atteint un certain niveau de complexité.

D’une façon similaire, la conscience est considérée comme un produit des processus physiologiques dans le système matériel le plus complexe sur terre, à savoir le cerveau des êtres humains et des animaux les plus évolués. Parmi les présomptions fondamentales de la science mécaniste se trouve le point de vue selon lequel le processus de la perception sensorielle reflète la réalité objective et que la connaissance humaine en est la relation objective.

(…) Suivant Bohm, le monde matériel, tel que nous le percevons à travers nos sens et avec l’aide d’instruments variés qui étendent la portée de nos organes sensoriels, est seulement un aspect de la réalité qu’il appelle l’ordre déplié ou développé. La matrice qui le génère, c’est-à-dire l’ordre implié ou inveloppé, n’est pas normalement accessible aux sens ni à l’investigation scientifique directe ; en plus Bohm insiste sur la nature dynamique et le flux continu de l’Univers. A la fois la mécanique quantique et la théorie de la relativité impliquent clairement que la relativité doit être comprise, non comme un assemblage d’objets ou entités séparées, mais comme un processus de plénitude indivise en état de flux et de changement constant.

N’importe quel événement, objet ou entité, observable et descriptible, quel qu’il soit, est abs-trait, d’un flux uni, indéfinissable et inconnu, le holomouvement.

(…) l’Univers est un tout infrangible…

(…) Beaucoup des principes de la pensée holonomique peuvent être illustrés en utilisant, comme unique outil conceptuel, le stockage et la distribution de l’information dans un hologramme optique. »

p. 89 ; « Je considère que l’essence de la notion de ce processus est donnée par la définition suivante : ce n’est pas seulement que tout est en train de changer ; tout est flux, c’est-à-dire ce qui est , c’est-à-dire le processus de devenir lui-même, alors que tous les objets, événements, entités, conditions, structures, etc., sont des formes qui peuvent être abstraites de ce processus. »

p. 90 ; « Bien-sûr, la physique moderne établit que les vrais courants, par exemple ceux de l’eau, sont composés de « particules élémentaires » comme les électrons, protons, neutrons, etc. Longtemps on a pensé que ces derniers étaient la « substance ultime » de tout ce qui est réel et que tous les mouvements de flux (comme ceux de courant) doivent se réduire à des formes nées des mouvements à travers l’espace de séries de particules interagissantes. Toutefois, on a trouvé que même les « particules élémentaires » peuvent être créées, annihilées et transformées ; ceci indique non seulement qu’elles sont peut-être des substances ultimes, mais aussi qu’elles sont des formes relativement constantes, abstraites d’un niveau plus profond de mouvement. On peut supposer que ce niveau plus profond de mouvement peut être analysable en d’encore plus fines particules qui peut-être se révéleront être la substance ultime de l’ensemble de la réalité. Toutefois, la notion que tout est flux, que nous sommes en train d’examiner ici, dément une telle supposition. Elle implique plutôt que tout événement, objet, entité, etc. descriptible est une abstraction à partir d’une totalité inconnue et indéfinissable de mouvements fluides. »

p. 160 ; « Donc, le holomouvement est indéfinissable et immesurable. »

p. 167 ; « Ce qui est impliqué ici, toutefois, c’est que même ce « nouveau tout » se révélera lui-même comme un aspect d’un autre « nouveau tout » plus tard. L’holonomie ne doit pas être considérée comme le but fixe et final de la recherche scientifique, mais plutôt comme un mouvement dans lequel « des nouveaux touts » sont continuellement en train de se manifester. Et naturellement, ceci implique encore que la loi totale du holomouvement indéfinissable et incommensurable pourrait n’être jamais connue ou spécifiée ou mise en mots. Plutôt, une telle loi doit être nécessairement être considérée comme implicite . »

p. 173 ; « Il est instructif à ce moment de mettre en opposition les caractères clés des théories relativiste et quantique. comme nous l’avons vu, la théorie de la relativité exige continuité, stricte causalité (ou déterminisme) et localité. De l’autre côté, la théorie des quanta exige non-continuité, non-causalité et non-localité. Ainsi les concepts de base de la théorie de la relativité et de celle des quanta se contredisent directement l’un l’autre. Il n’est donc pas tellement surprenant que ces deux théories n’aient jamais été unifiées d’une façon consistante. Il semble extrêmement probable qu’une telle unification ne soit pas possible actuellement. »

Extraits de La plénitude de l’Univers (Wholeness and the implicate order) par David Bohm, préfacé par Stanislav Grof, editions Le Rocher, 1987.

 

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